Afrique du Sud: un «prophète» soignait ses fidèles à… l'insecticide

Le faux pasteur aspergeant d'insecticide l'une de ses fidèles.
Le faux pasteur aspergeant d'insecticide l'une de ses fidèles. © Capture d'écran

Afrique du Sud: un «prophète» soignait ses fidèles à… l'insecticide

Mis à jour à 18h01, publié le 11/02/2018 à 17H16

Un prophète autoproclamé d'une église sud-africaine avait fait scandale dans le pays en aspergeant ses fidèles d'un insecticide destiné, selon lui, à les guérir de leurs maux ou de leurs péchés. Il vient d’être reconnu coupable de violences.


C’est une publication sur la page Facebook de la secte s'appelant l'Eglise de l’Assemblée générale du Mont Zion qui a déclenché l’affaire. Sur les photos mises en ligne en novembre 2016, on voit un soi-disant pasteur, Lethebo Rabalago, aspergeant ses adeptes avec un produit chimique contre les insectes.
Les jets pulvérisés en plein visage et sur le corps étaient censés les guérir et les purifier.
 
Jugé coupable
Un an après le scandale, le pasteur de 24 ans vient d’être jugé par le tribunal de la petite ville de la province de Limpopo dans le Nord. Il a été reconnu coupable de violences.

«Il ne fait aucun doute qu'en aspergeant le visage avec du Doom (l’insecticide), il a causé des blessures sérieuses aux victimes (…). C’était très dangereux», a affirmé le juge cité par la chaîne publique SABC.

La peine n’a pas encore été notifiée à l’accusé.

Le prédicateur Lethebo Rabalgo pulvérisant ses adeptes d'insecticide en 2016. Le prédicateur Lethebo Rabalgo pulvérisant ses adeptes d'insecticide en 2016. © Capture d'écran


Prolifération des «églises»
Ce n'est pas la première affaire du genre. L'Afrique du Sud et plusieurs autres pays du continent sont confrontés à la multiplication de fausses églises et de vrais charlatans.

«Aujourd’hui, créer une église de réveil est plus facile qu’ouvrir un bar ou une pharmacie. Vous vous levez un matin, vous ouvrez votre salon, vous ouvrez portes et fenêtres et vous mettez une affiche pour dire que vous êtes un envoyé de Dieu», expliquait à Géopolis le blogueur camerounais, Ecclésiaste Deudjui, qui connaît bien ce phénomène. 

Il dénonce notamment le silence des autorités qui n’interviennent pas pour interdire ces pratiques souvent dangereuses.

Par Eléonore Abou Ez (avec agences)