Agression sexuelle collective dans un bus à Casablanca : le Maroc révulsé

Agression sexuelle dans un bus à Casablanca

Agression sexuelle collective dans un bus à Casablanca : le Maroc révulsé

Mis à jour le 22/08/2017 à 14H37, publié le 22/08/2017 à 10H59

La vidéo, mise en ligne le 20 août 2017, est insoutenable. Une jeune fille, souffrant d’une déficience mentale, a été agressée sexuellement par une bande d’adolescents surexcités et hilares sans qu’aucun passager n’intervienne. La police marocaine a arrêté les auteurs, dont l’adolescent qui filmait la scène. Cette vidéo relance une nouvelle fois la question du harcèlement sexuel au Maroc.

La vidéo (que la rédaction de Géopolis a décidé de ne pas publier) est terrifiante, insoutenable. On y voit une jeune fille  se faire agresser sexuellement par un groupe de mineurs, torse nu, hilares. Très partagée sur les réseaux sociaux, elle a suscité suscitant l’indignation des internautes. Malgré les cris déchirants de la fille qui les suppliait d’arrêter, les agresseurs ont continué à la violenter. Selon la presse marocaine, la victime était atteinte d’un handicap mental. Aucun passager n’est intervenu pour mettre fin à l’agression.
 
Mise en cause, la société chargée du transport en commun, M'dina Bus, a indiqué qu'elle n'avait, avant la diffusion de la vidéo, reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée ni de la part du chauffeur. Elle a précisé que l'agression s'est déroulée vendredi 18 août et que les agresseurs avaient été appréhendés lundi 21 août. La police a confirmé dans un communiqué l'arrestation des six auteurs, âgés entre 15 et 17 ans, qui ont été placés sous surveillance policière. L’un d’eux, révèle Tel Quel, serait un complice qui avait filmé toute la scène dans le bus.

 
Au Maroc, marcher seule dans la rue relève parfois du parcours du combattant. Ou plutôt de la combattante: les femmes y subissent fréquemment remarques désobligeantes et insultes. Début août, une autre vidéo montrant une horde de jeunes hommes traquer une jeune femme marchant seule dans la rue à Tanger (nord) avait déjà suscité l'indignation dans le pays.

Selon les chiffres officiels, près de deux Marocaines sur trois sont victimes de violences. Et les lieux publics sont les endroits où la violence physique à leur égard est la plus manifeste. 


Fouzia Assouli, la présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes, se dit sous le choc. «On dirait que l’Etat a démissionné. Nous vivons désormais dans la jungle. Nous ne sommes plus protégés. Ce n’est pas une loi contre le viol ou le harcèlement qui changera les choses», confie-t-elle à La Dépêche. Elle se dit choquée par le «fait que cette agression a eu lieu au vu et au su de tout le monde, sans que personne ne bouge le petit doigt».

Certains commentaires sur la Toile s’en prennent à la tenue de la victime, ce qui suscite la colère de l’association Touche pas à mon enfant


Capture d'écran Capture d'écran © DR


Des internautes ont appelé à un sit-in le 23 août à Casablanca pour exprimer leur indignation.

Par Géopolis Afrique