Amaq, l'agence djihadiste qui a revendiqué l'attaque des Champs-Elysées

Amaq affirme que l'attaque qui a eu lieu sur les Champs Elysées, au coeur de Paris, est l'oeuvre d'Abû Yûssuf al-Baljki, qui est l'un des soldats du califat.
Amaq affirme que l'attaque qui a eu lieu sur les Champs Elysées, au coeur de Paris, est l'oeuvre d'Abû Yûssuf al-Baljki, qui est l'un des soldats du califat. © Source Twitter

Amaq, l'agence djihadiste qui a revendiqué l'attaque des Champs-Elysées

Mis à jour le 21/04/2017 à 14H42, publié le 21/04/2017 à 12H31

L'organisation terroriste Etat islamique a revendiqué l’attaque de policiers sur les Champs-Elysées, à Paris, le 20 avril 2017. Elle l'a fait juste après la fusillade via son canal habituel de communication, l'agence Amaq, qui avait revendiqué l’attentat de Nice au camion, du 16 juillet 2016. Des observateurs notent que cette revendication a été plus rapide que les précédentes.


Quelques lignes sur fond bleu, une date, un lieu et le sigle de l’Etat islamique. Voilà comment Daech revendique en arabe, et dans plusieurs autres langues, ses attentats dans le monde


Plusieurs hyptothèses ont été émises après cette revendication dont le nom ne correspond pas à celui l'auteur de l'attaque des Champs-Elysées, présenté officiellement comme étant Karim Cheurfiun Français de 39 ans. S'agit-il d'un pseudonyme de l'attaquant ou d'une erreur de la part de Daech? Cette dernière hypothèse pourrait signifier qu'un soldat du califat serait toujours prêt à passer à l'action...

Cette revendication est passée par le canal d'Amaq. L
es observateurs de la propagande djihadiste suivent de près les publications de cette agence très prompte à réagir après les attaques terroristes, comme ce fut le cas à Nice, en juillet 2016, à Paris en novembre 2015 ou à Bruxelles en mars 2016.


Cet organe de communication de Daech tente de fonctionner comme une agence de presse avec des dépêches très factuelles parlant de «combattants de l’Etat islamique» et pas de «soldat du Califat», de «morts» et non de «croisés» ou de «mécréants» pour toucher un large public. «Ce n’est évidemment pas une agence de presse au sens traditionnel, même si elle fait tout pour s’en donner l’apparence, il s’agit d’un outil de propagande de l’Etat islamique qui parfois sert de pré-revendication», souligne le journaliste américain Bob Woodward sur le site decryptnewsonline.  

Le nom d’Amaq est apparu pour la première fois fin 2014, lors de la bataille de Kobané, la ville kurde frontalière du nord de la Syrie, comme le rapporte le groupe américain, site spécialisé dans la surveillance des organisations djihadistes. L’agence de presse diffuse alors des images brutes de combats relayées ensuite par les djihadistes sur les réseaux sociaux. «Leur ligne de conduite est de coller un maximum à la réalité. Quand ils perdent, ils parlent rarement mais ils ne donnent pas de fausses informations pour garder une crédibilité aux yeux de leur public», explique Wassim Nasr, journaliste à France 24, auteur de L'Etat islamique, le fait accompli (Plon).

Daech, qui maîtrise parfaitement la propagande, peut compter sur plusieurs canaux de diffusion. Outre l'agence Amaq, il y a notamment la radio Al Bayan et le mensuel Dabiq diffusé dans plusieurs langues.

Par E. Abouez et D. Cettour-Rose