Archéologie: un traité d'égyptologie de plus de 400 ans expertisé à Ajaccio

Archéologie: un traité d'égyptologie de plus de 400 ans expertisé à Ajaccio

Mis à jour à 20h50, publié le 15/09/2018 à 8H59

La découverte du «Thesaurus Hyeroglyphicorum», livre rarissime de 1610, tient du miracle. C'est en 2016, dans la bibliothèque patrimoniale d'Ajaccio, que l'ouvrage a été découvert par hasard «entre le bottin corse et un roman de gare» par Vannina Schirinski-Schikhmatoff, chargée de mission restauration et conservation. Son intérêt est «primordial», selon l'égyptologue Francesco Tiradritti.

«C'est un livre exceptionnel parce que c'est le premier livre d'égyptologie, il y a tellement de choses à comprendre», explique l'archéologue (à droite), tout en notant minutieusement dans un petit carnet noir des hiéroglyphes remarquables qui, par leur répétition, forment un code. Installé dans la réserve de la bibliothèque patrimoniale d'Ajaccio, il a pu étudier le document pendant une semaine début septembre 2018.

	 
1 / 7 L'égyptologue italien Francesco Tiradritti s'émerveille devant les hiéroglyphes

«C'est un livre exceptionnel parce que c'est le premier livre d'égyptologie, il y a tellement de choses à comprendre», explique l'archéologue (à droite), tout en notant minutieusement dans un petit carnet noir des hiéroglyphes remarquables qui, par leur répétition, forment un code. Installé dans la réserve de la bibliothèque patrimoniale d'Ajaccio, il a pu étudier le document pendant une semaine début septembre 2018.  

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Francesco Tiradritti ne cache pas son enthousiasme. «Il y a quatre ou cinq pages qui vont changer l'histoire de notre civilisation comme nous la concevons. On sait que la Renaissance italienne s'appuyait sur la Rome antique et la Grèce ancienne mais on n'a pas pris en compte l'apport que l'Égypte ancienne a eu pour notre culture», commente, émoustillé, celui qui est aussi directeur de la mission d'archéologie italienne à Louxor.
2 / 7 «Chaque fois que je tourne une page, je fais des découvertes»

Francesco Tiradritti ne cache pas son enthousiasme. «Il y a quatre ou cinq pages qui vont changer l'histoire de notre civilisation comme nous la concevons. On sait que la Renaissance italienne s'appuyait sur la Rome antique et la Grèce ancienne mais on n'a pas pris en compte l'apport que l'Égypte ancienne a eu pour notre culture», commente, émoustillé, celui qui est aussi directeur de la mission d'archéologie italienne à Louxor.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Vannina Schirinski-Schikhmatoff (à gauche), chargée de mission restauration et conservation à la bibliothèque, accompagnée d'Elisabeth Perie, la directrice du lieu, raconte qu'«en faisant le tour des bibliothèques mondiales, on a pu en déduire que j'avais trouvé le huitième». Son rêve: réunir tous ces traités dont l'un se trouve à la BNF, un autre à la bibliothèque centrale du Muséum d'histoire naturelle de Paris et un troisième en Poméranie (Allemagne). Pour les autres, Mme Schirinski-Schikhmatoff se dit prête à se lancer dans «une enquête à la Sherlock Holmes».

	 
3 / 7 Dans le monde, on n'avait officiellement identifié que 7 exemplaires comparables

Vannina Schirinski-Schikhmatoff (à gauche), chargée de mission restauration et conservation à la bibliothèque, accompagnée d'Elisabeth Perie, la directrice du lieu, raconte qu'«en faisant le tour des bibliothèques mondiales, on a pu en déduire que j'avais trouvé le huitième». Son rêve: réunir tous ces traités dont l'un se trouve à la BNF, un autre à la bibliothèque centrale du Muséum d'histoire naturelle de Paris et un troisième en Poméranie (Allemagne). Pour les autres, Mme Schirinski-Schikhmatoff se dit prête à se lancer dans «une enquête à la Sherlock Holmes».  

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Au fil des planches, préservées de manipulations trop nombreuses, on découvre la représentation d'obélisques, d'objets égyptisants et de statues conservées notamment au British Museum, au musée du Louvre ou à celui de Turin.

	 
4 / 7 Des gravures dans un bon état de conservation

Au fil des planches, préservées de manipulations trop nombreuses, on découvre la représentation d'obélisques, d'objets égyptisants et de statues conservées notamment au British Museum, au musée du Louvre ou à celui de Turin.  

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On ignore pour l'instant les raisons de sa présence dans les rayonnages. L'ouvrage a été réalisé 200 ans avant le décryptage des hiéroglyphes par le Français Jean-François Champollion qui a travaillé sur des copies de la pierre de Rosette, un fragment de stèle gravée à l'époque de l'Egypte ancienne.
5 / 7 Le «Thesaurus Hyeroglyphicorum», découvert dans cette bibliothèque, date de 1610

On ignore pour l'instant les raisons de sa présence dans les rayonnages. L'ouvrage a été réalisé 200 ans avant le décryptage des hiéroglyphes par le Français Jean-François Champollion qui a travaillé sur des copies de la pierre de Rosette, un fragment de stèle gravée à l'époque de l'Egypte ancienne.

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Ce Thesaurus, commandé par Hans Georg Herwart von Hohenburg, chancelier du Duc de Bavière (1553-1622), a fait partie de la prestigieuse collection de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Le document «a un intérêt primordial du point de vue de l'histoire de l'égyptologie», il «nous donne le point de départ de l'étude scientifique de l'Égypte ancienne», assure l'archéologue Francesco Tiradritti.
6 / 7 L'ouvrage est composé de 29 pages scientifiquement enrichissantes

Ce Thesaurus, commandé par Hans Georg Herwart von Hohenburg, chancelier du Duc de Bavière (1553-1622), a fait partie de la prestigieuse collection de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV. Le document «a un intérêt primordial du point de vue de l'histoire de l'égyptologie», il «nous donne le point de départ de l'étude scientifique de l'Égypte ancienne», assure l'archéologue Francesco Tiradritti.

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Un travail qui n'empêchera pas la tenue d'une exposition prévue en 2020 à Ajaccio, en partenariat avec la musée Fesch. Dans cette perspective, Vannina Schirinski-Schikhmatoff serait heureuse «d'obtenir une chose rare aussi, 'la Menza Isiaca', une plaque de bronze du premier siècle après Jésus-Christ qui a servi de modèle à l'une des planches de ce livre et qui est actuellement exposée au musée d'égyptologie de Turin». Une pièce qui compléterait ce passionnant puzzle.
7 / 7 L'analyse de ce remarquable trésor ne fait que commencer

Un travail qui n'empêchera pas la tenue d'une exposition prévue en 2020 à Ajaccio, en partenariat avec la musée Fesch. Dans cette perspective, Vannina Schirinski-Schikhmatoff serait heureuse «d'obtenir une chose rare aussi, 'la Menza Isiaca', une plaque de bronze du premier siècle après Jésus-Christ qui a servi de modèle à l'une des planches de ce livre et qui est actuellement exposée au musée d'égyptologie de Turin». Une pièce qui compléterait ce passionnant puzzle.

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Véronique le Jeune (avec AFP)