Atocha en Espagne: quand la violence s'invite dans une campagne électorale

Un des trains victime des attentats d'Atocha en Espagne le 11 mars 2004.
Un des trains victime des attentats d'Atocha en Espagne le 11 mars 2004. © PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Atocha en Espagne: quand la violence s'invite dans une campagne électorale

Mis à jour à 10h50, publié le 21/04/2017 à 10H46

11 mars 2004. Plusieurs bombes explosent dans des trains de banlieue à Madrid, deux années et demie après les attentats du 11 septembre 2001, faisant près de 200 morts. Rien de comparable, dans son ampleur, avec ce qui s'est passé à Paris sur les Champs-Elysées, le 20 avril 2017 au soir. Mais en Espagne aussi, la série d'attentats avait eu lieu trois jours avant les élections générales.

Le 11 mars 2004, trois jours avant les législatives espagnoles, exactement deux années et demie après les attentats du 11 septembre 2001, près de 200 personnes ont péri et 1.400 ont été blessées, dans une série d'attentats dans des trains de banlieue se rendant vers la capitale espagnole, Madrid, et notamment la gare d'Atocha.
 
La droite au pouvoir tenta de faire croire qu'il s'agissait d'un attentat de l'ETA (nationalistes basques) alors que cela se révéla très rapidement être un attentat islamiste, sans doute lié à la présence des forces espagnoles tant en Afghanistan qu'en Irak, au côté des Américains.

Donnée vainqueur, la droite d'Aznar perdit les élections, notamment pour avoir tenté de cacher la réalité des auteurs de l'attentat.

La tombe de la ministre suédoise Anna Lindh assassinée. La tombe de la ministre suédoise Anna Lindh assassinée. © CHRISTIAN OERNBERG / SCANPIX SWEDEN / AFP


Dans d'autres pays, des événements violents ont eu lieu à la veille de scrutins.
En Suède : le 10 septembre 2003, la ministre suédoise des affaires étrangères, Anna Lindh, est poignardée à quatre jours du référendum d'adhésion à l'Euro. Sociale-démocrate, elle était favorable au oui. L'émotion provoquée par ce meurtre ne semble pas avoir joué sur le vote puisque le non l'emporta.
 
Aux Pays-Bas : le 6 mai 2002, neuf jours avant les élections générales, l'extrémiste Pim Fortuyn fut assassiné. Son parti obtint 17% des sièges au Parlement, sans doute porté par l'émotion provoquée par le meurtre. 

En France aussi, des précédents existent sans que l'on puisse dire s'ils ont joué sur le scrutin.
En 2012, il y eut les attaques de Mohammed Merah contre des militaires puis contre une école juive à Toulouse. Ces attaques terroristes prirent fin avec la mort de leur auteur le 21 mars 2012. On était à quelques semaines de l'élection présidentielle de 2012 qui vit la victoire de François Hollande.

Plus loin dans le temps, en 1988, le 4 mai, à quatre jours du second tour de l'élection présidentielle, Jacques Chirac alors Premier ministre de cohabitation, annonce la libération des trois derniers otages français au Liban. Les trois otages Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine, libérés la veille à Beyrouth après trois ans de captivité, arrivent à l'aéroport de Villacoublay où ils sont accueillis par Jacques Chirac et Charles Pasqua. François Mitterrand fut largement réélu. 




 

 





Par Pierre Magnan