Cheb Khaled s'invite dans le «conflit» entre la Tunisie et les Emirats

Cheb Khaled lors de son concert en Arabie saoudite le 14 décembre 2017.
Cheb Khaled lors de son concert en Arabie saoudite le 14 décembre 2017. © Ali Al-Naimi / AFP

Cheb Khaled s'invite dans le «conflit» entre la Tunisie et les Emirats

Mis à jour à 14h20, publié le 01/01/2018 à 13H57

Le chanteur algérien de Raï Cheb Khaled a affiché un drapeau tunisien pendant son concert aux Émirats Arabes Unis, le 29 décembre 2017. Un message fort alors que les relations entre la Tunisie et les Emirats sont très tendues. Les autorités émiraties ont interdit aux Tunisiennes d'entrer sur leur territoire. En réponse, Tunis a interdit les vols de la compagnie aérienne Emirates.

On ne sait pas si le geste du chanteur de raï Cheb Khaled a été apprécié des autorités émiraties mais il montre que le sujet a déjà dépassé les frontières de la Tunisie et des Emirats. En effet, rien de va plus entre les Emirats arabes unis (EAU) et la Tunisie. Tout à commencé par l’interdiction faite aux femmes tunisiennes de se rendre dans les EAU. Une mesure discriminatoire qui cache un conflit plus large entre les pays alliés à l’Arabie saoudite et ceux qui souhaitent garder leur autonomie diplomatique, dont la Tunisie.


Selon le journal Middle East Eye, le conflit est encore plus profond puisqu'il remontrait à la révolution tunisienne... qui n'aurait jamais été acceptée par les monarchies du Golfe. «Les EAU se sont fixés comme priorité absolue le renversement de l'expérience tunisienne afin de saper la stabilité politique et de faire échouer l'expérience démocratique du pays», écrit Soumaya Ghannoushi, écrivaine et experte tunisienne de la politique du Moyen-Orient, dans ce journal.

Après l'épisode des transports aériens, la tension a même gagné le sport puisque les Emiratis ont annulé un stage de leur équipe nationale de handball prévu en Tunisie où l’indignation est telle que d’aucuns ont appelé à une rupture définitive des relations diplomatiques avec la monarchie du Golfe. Officiellement, l'équipe émiratie est rentrée chez elle pour des raisons techniques...

Par Pierre Magnan