COP23. Bassin du Niger: un satellite pour préserver la collecte de données

Le fleuve Niger, vu de Niamey, la capitale du Niger.
Le fleuve Niger, vu de Niamey, la capitale du Niger. © SIA KAMBOU / AFP

COP23. Bassin du Niger: un satellite pour préserver la collecte de données

Publié le 10/11/2017 à 17H58

De nombreux pays africains connaissent une situation sécuritaire qui menace la vie des populations et pénalise, entre autres, la collecte de données hydrométriques, toutes aussi vitales dans un contexte de changement climatique. L'Autorité du bassin du Niger, une organisation dont le Mali, le Nigeria ou encore le Tchad sont membres, recourt désormais à la collecte de données par satellite.


Le bassin du fleuve Niger (4.200 km) s’étend sur 2,2 millions de km² dont plus de la moitié (1,5 million) correspond à une zone «hydrologiquement active» qui s’étend sur neuf pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad) membres de l'Autorité du bassin du Niger (ABN). Parmi ces pays, nombreux doivent faire face à la menace terroriste.

Un satellite pour contourner l'insécurité
«Compte tenu de la situation d’insécurité qui prévaut dans certaines régions du bassin, nous ne pouvons plus avoir accès à certaines stations de mesure (plus d'une centaine dans le bassin, NDLR). Le système de suivi des ressources en eau et de prévisions des écoulements par satellite dans le bassin du fleuve Niger (Sath-ABN) vient nous accompagner depuis 2014 dans la mise à disposition des données en vue de la planification et les prévisions des alertes de crues (inondations) et de sécheresses», explique Bachir Alkali Tanimoun, coordonnateur du projet Sath-ABN.  

La technologie satellitaire est ainsi devenue un moyen de préserver la collecte de données, cruciale face au changement climatique qui assèche le fleuve Niger et ses affluents, fournisseurs d'eau potable, d'eau douce, d'eau pour l'irrigation et nécessaires à l'aquaculture, à la production d'énergie et au transport.

Les données hydrologiques collectées par l’ABN sont à la disposition des Etats et sont directement accessibles aux riverains grâce notamment aux médias.


Femmes faisant la vaisselle au bord du fleuve Niger, au Mali. Femmes faisant la vaisselle au bord du fleuve Niger, au Mali. © Daniel RIFFET / Photononstop



Des données vitales pour des millions de riverains
Ainsi, le quotidien de 130 millions de personnes personnes dépend des prévisions que fournit, via son observatoire, l'ABN créée dans les années 60 pour permettre à ses Etats membres d'optimiser la gestion de leurs ressources naturelles, en premier lieu, l'eau.

Une ressource que les ONG, durant la Journée d'action pour l'eau organisée le 10 novembre 2017 à la COP23, rappellent qu'il est indispensable de mieux prendre en compte dans les stratégies d'adaptation face au changement climatique. 

La démarche de l’ABN, inédite en Afrique, est inspirée du projet mis en place pour le fleuve Jaune en Chine. «C’est du transfert de technologie qui nous a permis d’avoir la capacité requise pour la gestion par satellite des ressources en eau», précise Bachir Alkali Tanimoun.

Pour l'ABN, la prochaine étape est de recourir à l'altimétrie spatiale (suivi des niveaux des cours d'eau déterminant, entre autres, pour la navigation) grâce au satellite d'observation de la Terre (SWOT) qui sera opérationnel en 2021. Le bassin du fleuve Congo, dont certaines zones restent naturellement inaccessibles, devrait également faire appel à cette technologie satellitaire. 

Par Falila Gbadamassi