Côte d'Ivoire: inauguration du barrage de Soubré, le plus grand du pays

Le barrage de Soubré sur le fleuve Sassandra en Côte d'Ivoire (photo prise le 6 mars 2017)
Le barrage de Soubré sur le fleuve Sassandra en Côte d'Ivoire (photo prise le 6 mars 2017)

Côte d'Ivoire: inauguration du barrage de Soubré, le plus grand du pays

Publié le 03/11/2017 à 15H09

Le président ivoirien Alassane Ouattara a inauguré, le 3 novembre 2017, le gigantesque barrage hydroélectrique de Soubré (sud-ouest). La Côte d’Ivoire a prévu d’investir dans le secteur 16 milliards d’euros d’ici 2030. Une somme qui devrait être en grande partie financé par le secteur privé.

Ce barrage de quatre km de long doit produire 275 mégawatts d'électricité par an avec ses quatre turbines, qui s'ajouteront au réseau actuel de 2.000 MW, selon Amidou Traoré, directeur général de la société des Energies de Côte d'Ivoire (CI-Energie). Implanté sur le fleuve Sassandra, son tablier en béton mesure 20 m de haut. Le réservoir «recouvre 17 km2», précise Jeune Afrique.

D'un coût de 331 milliards de francs CFA (500 millions d'euros), l’ouvrage a été financé par la Chine à hauteur de 85%. Le reste l'étant par l’Etat ivoirien. La construction, démarrée en 2013, a été réalisée par l’entreprise chinoise Sinohydro. Les turbines (la première avait été mise en service en juin) ont été fabriquées par le groupe français Alstom. Le cabinet d’ingénierie Tractebel, filiale du groupe énergétique français Engie, assiste l’entreprise publique supervisant l’avancée du chantier pour le compte d’Abidjan, rapporte Jeune Afrique.

Près de 400 familles ont dû être expropriées pour réaliser l’ouvrage.

Accord sur le climat
«Notre pays s'est engagé en 2015, dans le cadre des accords de Paris sur le climat (la COP 21), à réduire à l'horizon de 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de 28%», a déclaré le président Ouattara lors de la cérémonie d'inauguration. «Le barrage hydroélectrique de Soubré produisant une énergie renouvelable contribue à atteindre cet objectif», a-t-il souligné.

Avant Soubré, la fourniture d'électricité de la Côte d'Ivoire était assurée à hauteur de 75% par l'énergie thermique. Le quart restant était fourni par les barrages hydroélectriques. La mise en service totale de l’ouvrage, prévue fin 2020, devrait faire passer de 31 à 40% la part de l’hydraulique dans la fourniture d’électricité du pays, précise RFI.

Première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, la Côte d'Ivoire s'est engagée dans la reconstruction de son réseau électrique depuis la fin de la crise post-électorale meurtrière de 2010-2011. Les autorités ivoiriennes projettent ainsi d'investir, d'ici 2030, près de 16 milliards d'euros dans le secteur électrique. Un investissement financé en grande partie par le secteur privé. Abidjan ambitionne de doubler sa production actuelle (2.000 MW) d'ici 2020.

«La Côte d'Ivoire, dont le taux de couverture en électricité atteignait 53% en 2016, souhaite résorber son déficit énergétique, mais aussi se positionner en tant que pôle énergétique régional. Le pays exporte déjà 15% de sa production dans la sous-région», observe RFI.

Par Laurent Ribadeau Dumas (avec AFP)