Egypte: des lignes téléphoniques pour dénoncer les «fake news»

Rassemblement de journalistes au Caire à l'appel de leur syndicat en 2016.
Rassemblement de journalistes au Caire à l'appel de leur syndicat en 2016. © GEHAD HAMDY / CROWDSPARK/ AFP

Egypte: des lignes téléphoniques pour dénoncer les «fake news»

Publié le 13/03/2018 à 14H41

Le parquet égyptien a mis en place des lignes téléphoniques dédiées aux plaintes contre les «informations mensongères» qui seraient publiées par les médias ou sur les réseaux sociaux et porteraient atteinte à la sécurité de l'Etat. L'Egypte occupe la 161e place (sur 180 pays) au classement mondial 2017 de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières.


«Le parquet égyptien a réservé des numéros de téléphone portable pour recevoir les plaintes via la messagerie instantanée Whatsapp et par SMS, à condition que le nom du plaignant et ses données personnelles y soient précisées», selon un communiqué du parquet. Cette initiative vise «les informations mensongères préméditées qui porteraient atteinte à la sécurité et à l'intérêt général du pays», précise le parquet.

A deux semaines de l'élection présidentielle en Egypte, l'activité des médias fait l'objet d'une surveillance accrue de la part des autorités avec des arrestations de journalistes, des interviews scrutées et des sites internet bloqués. Khairy Ramadan, journaliste sur la première chaîne de la télévision publique, a été la dernière victime de la reprise en main des médias. Accusé par le ministre de l’Intérieur de diffuser «des fausses nouvelles vis-à-vis des forces de police et de les diffamer», il a passé quatre jours en prison avant d’être relâché sous caution. Son tort? Il a donné la parole à la femme d’un colonel de la police qui se plaignait des bas salaires dans la police: 320 euros. 

Journalisme en temps de guerre 
Le président Abdel Fattah al-Sissi a lui-même mis en garde les médias contre la publication d'informations jugées diffamatoires vis-à-vis de l'armée, en les qualifiant de «haute trahison» en pleine campagne anti-djihadistes dans le Sinaï. Depuis 2015, les journalistes sont tenus de relayer les communiqués et bilans officiels. Toute information contredisant les chiffres des autorités est considérée comme «information mensongère», et donc passible de prison. Le journalisme en temps de guerre a toujours posé problème aux autorités. Les journalistes ne doivent diffuser que les bilans officiels au nom de «la bonne information».

L'Egypte occupe la 161e place (sur 180 pays) au classement mondial 2017 de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières. Au moins 29 journalistes, professionnels ou non, sont emprisonnés dans le pays, selon l'ONG. Les médias occidentaux sont, quant à eux, généralement accusés par les autorités de ternir l'image de l'Egypte à l'étranger.

Par Géopolis (avec AFP)