Etats-Unis: le démantèlement de l'Obamacare, bel et bien engagé

Un logo Obamacare sur la porte de l'agence d'assurance UniVista à Miami, en Floride, le 10 janvier 2017.
Un logo Obamacare sur la porte de l'agence d'assurance UniVista à Miami, en Floride, le 10 janvier 2017. © RHONA WISE / AFP

Etats-Unis: le démantèlement de l'Obamacare, bel et bien engagé

Mis à jour le 21/01/2017 à 14H00, publié le 19/01/2017 à 12H17

A peine élu, Donald Trump vient de signer son premier décret pour abroger l’Affordable Care Act (ACA), rebaptisée depuis Obamacare. Cette loi, votée par le Congrès en 2010 et en vigueur depuis le 1er janvier 2014, a permis à 20 millions d’Américains de souscrire à une couverture santé, mais a entraîné des hausses de cotisations, ce que dénoncent les Républicains.


Le détricotage de l'Obamacare est bel et bien engagé. Donald Trump a qualifié l’Affordable Care Act (loi sur les soins abordables) de véritable usine à gaz réglementaire souhaitant que les parlementaires agisssent rapidement afin que la loi soit abrogée, d'ici au 27 janvier 2017. A peine la prestation de serment terminée, il a signé son premier décret qui vise à limiter l’application de réforme du système de santé mis en place par Barack Obama, voire à la supprimer.

La procédure d'abrogation a débuté les 12 et 13 janvier avec le vote au Congrès d'une mesure invitant les comissions du Sénat et de la chambre des représentants à rédiger le texte de suppression de l'ACA. «L'Unaffordable Care Act fera bientôt partie de l'histoire!», s'est empressé de réagir sur Twitter, après le vote de la Chambre haute du Congrès, le futur locataire de la Maison Blanche.


Dans chacune des deux chambres, aucune voix démocrate n'a soutenu le processus de démantèlement de l'Obamacare. Certains démocrates ont mis en garde contre l'abrogation d'une loi qui impose le même niveau de protection au même coût pour tout assuré, quel que soit son état de santé. Et qui permet aussi aux enfants de bénéficier d'une assurance familiale jusqu'à l'âge de 26 ans.

«Chaque Américain sera affecté par ce vote», a prévenu le numéro 2 des démocrates à la Chambre, Steny Hoyer, affirmant que les cotisations allaient augmenter ainsi que le prix des médicaments.

Un démentèlement à 350 milliards de dollars
Plusieurs personnalités ont fait part de leur inquiétude face au calendrier resserré voulu par Trump et se sont interrogées sur la pertinence d'entamer une telle procédure sans projet de substitution. Le Comité des finances du Sénat a évalué le coût du démantèlement à 350 milliards de dollars (330 milliards d'euros) sur dix ans.

Selon Le Monde, une cinquantaine de votes ont eu lieu au Sénat pour tenter d’annuler tout ou partie des dispositions de cette réforme du système de santé chapeauté par les autorités fédérales.

La proportion d'Américains dépourvus d'assurance santé a atteint son plus bas niveau historique, tombant à 8,6% pour l'année 2016. Elle s'élevait à plus de 15% avant l'entrée en vigueur de l'Obamacare, souligne Le Monde. Chez les Noirs, elle atteint 11% même si elle a été divisée par deux depuis 2010. Chez les Hispaniques, cette proportion, bien que réduite de moitié, demeure élevée à 16%, précise le journal.

Dans un entretien accordé au Washington Post le 15 janvier, le milliardaire new-yorkais affirmait, sans la chiffrer, son intention de remplacer la loi Obama par un plan «assurance pour tous» qui aura «des chiffres plus bas, des franchises bien plus basses». «Il y avait dans certains cercles, la philosophie selon laquelle si vous ne pouvez pas payer, vous n'en aurez pas. Cela ne se produira pas avec nous.» Les personnes assurées «peuvent s'attendent à avoir de très bons services de santé.» «Ce sera sous une forme bien plus simple. Bien moins chère et bien meilleure», ajoutait-il.



Par Dominique Cettour-Rose