L’Arabie saoudite finance une nouvelle cité balnéaire dans le Sinaï égyptien

Le Prince Salman d'Arabie saoudite et le président égyptien al-Sissi lancent le projet de ville nouvelle dans le Sinaï, le 6 mars 2018.
Le Prince Salman d'Arabie saoudite et le président égyptien al-Sissi lancent le projet de ville nouvelle dans le Sinaï, le 6 mars 2018. © AFP PHOTO / Egyptian Presidency / MOHAMED SAMAAHA

L’Arabie saoudite finance une nouvelle cité balnéaire dans le Sinaï égyptien

Mis à jour le 09/03/2018 à 10H04, publié le 09/03/2018 à 9H52

L'Arabie saoudite et l'Egypte ont annoncé la création de nouvelles cités balnéaires dans le Sinaï, sur les rives de la mer Rouge. L’annonce a été faite le 6 mars 2018 lors de la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au Caire. Le président égyptien al-Sissi multiplie les projets futuristes, sans doute pour mieux faire oublier aux Egyptiens leur quotidien difficile .


L'Arabie Saoudite va investir dix milliards de dollars pour développer une méga-ville dans le sud du Sinaï. Le président égyptien al-Sissi a mis dans la corbeille 1000 km² de terrains vierges sur les rives de la mer Rouge.

Dans le cadre de ce projet, Ryad prévoit de construire des dizaines de cités balnéaires. De son côté, l'Egypte mettra l'accent sur l'attractivité de ses sites touristiques de Charm el-Cheikh et de Hurghada.

Cette cité touristique financée par l'Arabie Saoudite sera construite dans le sud du Sinaï, au nord de Charm el-Cheikh. Cette cité touristique financée par l'Arabie Saoudite sera construite dans le sud du Sinaï, au nord de Charm el-Cheikh.

 
Projet saoudien NEOM
Le projet NEOM, annoncé en octobre 2017 par le prince Salmane, se veut encore plus ambitieux. Il nécessitera 500 milliards de dollars d'investissements et s'étendra sur 26.500 km² aux confins de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte et de la Jordanie.

Cette nouvelle zone, basée dans le sud du royaume, devrait axer son développement autour de neuf secteurs: l'énergie, l'eau, la mobilité, les biotechnologies, l'alimentation, les technologies digitales, les médias, le divertissement et les nouveaux services. Elle sera alimentée en énergie par des centrales solaire et éolienne.

Ces multiples projets entrent dans le cadre de la diversification de l'économie pétrolière du royaume saoudien voulue par le prince Ben Salmane.

Présentation du projet de nouvelle capitale égyptienne en présence du président al-Sissi et des autorités émiraties. Présentation du projet de nouvelle capitale égyptienne en présence du président al-Sissi et des autorités émiraties. © Mohamed Samaaha/ egyptian presidency AFP


Egypte: annonces pharaoniques
Côté égyptien, on multiplie également les annonces et les projets. Outre cette nouvelle station balnéaire dans le Sinaï, un tunnel routier est en construction sous le canal de Suez. Une zone où l’Egypte veut développer raffineries et industrie de l’acier.

Une nouvelle capitale est également en cours de construction à cinquante kilomètres du Caire. Un projet pour désengorger la capitale égyptienne lancé en grande pompe en 2015 par le président Sissi. Ce nouveau Dubaï, qui doit s’étendre sur 700 km² avec un million de logements, doit accueillir 6 millions de personnes pour un budget de 60 milliards de dollars.

Le problème, c’est que cette «nouvelle capitale» avance très lentement et a bien du mal à émerger. Peu importe, l’Egypte imagine son futur pour mieux oublier le terrorisme islamiste, la répression policière, la crise du tourisme, le manque de logements et d'emplois... à quelques semaines de l’élection présidentielle prévue à la fin du mois de mars 2018.

Par Michel Lachkar