L’économie africaine se redresse doucement en 2018

Vue de la banque centrale de Tanzanie à Dar es Salaam.
Vue de la banque centrale de Tanzanie à Dar es Salaam. © Wikipédia

L’économie africaine se redresse doucement en 2018

Publié le 05/10/2018 à 9H00

La Banque mondiale vient de publier son dernier rapport sur les tendances économiques de 2018. Selon l’organisme, les perspectives sont plutôt favorables pour l’Afrique. La croissance économique du continent est annoncée à 3,1% pour l’année en cours et 3,6% pour 2019.


La croissance est tirée par les grandes économies que sont le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola. Or, elles ne retrouvent que lentement des couleurs. Le cours des matières premières et du pétrole devraient demeurer stables. Mais avec un cours du brut autour de 75 dollars le baril, les budgets de l’Angola et du Nigeria devraient être plus faciles à boucler. Le commerce devrait poursuivre son expansion, soutenu par des marchés financiers. Quant aux gouvernements, ils devraient, selon le rapport, avoir une politique favorable en augmentant les investissements.
 
Malgré tout, des difficultés demeurent. La croissance de l’industrie reste laborieuse soulignant la trop lente transformation de la région. Sur le plan de l’emploi, les offres ne suffisent pas à absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Ainsi, l’Ethiopie n’arrive pas à se débarrasser d’un chômage massif des jeunes en milieu urbain. Le taux se situe à 23,3%. Pourtant, beaucoup d’observateurs prédisent un grand avenir à la nation. «Aujourd’hui, le pays est prêt à prendre le relais comme moteur économique de l’Afrique de l’Est», écrit Kaushik Basu, ex-chef économistes de la Banque mondiale.

L’accroissement du PIB  par habitant, redevenu positif en 2018, ne permettra pas, malgré tout, de réduire la pauvreté de façon significative. D’autant que la dette publique des pays d’Afrique reste un fardeau qui ne cesse de croître.
 
L’inquiétude vient aussi de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Cela pourrait entraîner un ralentissement de l’activité économique, avec une conséquence grave pour l’Afrique: la baisse du prix des matières premières. Car l’Afrique reste, encore et toujours, dépendante des pays hors du continent pour son développement.

Par Jacques Deveaux