La Banque centrale de Tunisie veut limiter l’importation de préservatifs

Sud de la Tunisie, plage de Djerba, haut lieu du tourisme..
Sud de la Tunisie, plage de Djerba, haut lieu du tourisme.. © STEPHANE FRANCES / ONLY WORLD / ONLY FRANCE

La Banque centrale de Tunisie veut limiter l’importation de préservatifs

Mis à jour le 07/11/2017 à 9H46, publié le 23/10/2017 à 11H43

Le «Huffpost Maghreb» et «African Manager» reprennent tous deux une information selon laquelle la Banque centrale de Tunisie souhaiterait limiter les importations de plus de 604 produits jugés non indispensables. Mais dans cette liste, on trouve les préservatifs. Une restriction qui fait bondir les associations de lutte contre le sida.


La Tunisie ne fabrique pas de préservatifs et par conséquent doit les importer. Déjà, la situation est délicate. «Il faut savoir qu'on est en rupture de stock et que les procédures d'importation sont déjà assez longues. Alors, quelle alternative à l'importation en prenant une telle mesure?», interroge un responsable d’une association de lutte contre le sida, Issam Gritli. Selon lui, le nombre de personnes atteintes, soit d’une MST soit du VIH, ne cesse d’augmenter en Tunisie.
 
On imagine aisément en effet la conséquence du blocage des importations. Selon African Manager, la lettre du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie date du 10 octobre 2017. En fait, Chedli Ayari donne des instructions aux banques tunisiennes. Désormais, pour une série de produits, les importateurs doivent assurer une garantie sur leurs fonds propres. Cette garantie couvre le montant des importations à faire. En clair, il n’y a plus de ligne de crédit pour 604 produits!
 
Et la liste est un véritable inventaire à la Prévert. On y trouve des produits alimentaires (gaufres, chocolat, boissons, etc.), des matériaux de construction, des produits d’entretien. Et, coincés entre les chambres à air (nomenclature 4013) et les gants en caoutchouc(4015), on trouve les préservatifs!
 

Il faut dire que le déficit commercial de la Tunisie ne cesse de se creuser, malgré une reprise certaine des exportations en hausse de 18% pour les huit premiers mois de 2017. Mais dans le même temps, les importations également augmentent, et plus vite.
 
«La détérioration du déficit commercial porte la marque, essentiellement, de l’accentuation du déficit de la balance alimentaire à laquelle s’ajoutent les difficultés enregistrées dans le secteur énergétique…», indique la note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie.
 
On se demande ce que les préservatifs viennent faire là. Peut-être un ajout d’un fonctionnaire qui y voit un appel à la débauche...

Par Jacques Deveaux