La kizomba, ambassadrice culturelle de l'Angola

La kizomba angolaise fait danser le monde entier.
La kizomba angolaise fait danser le monde entier. © AMPE ROGERIO / AFP

La kizomba, ambassadrice culturelle de l'Angola

Mis à jour le 09/10/2017 à 10H41, publié le 07/10/2017 à 16H09

Pas un samedi soir, pas un repas en famille ou entre amis dans l'ancienne colonie portugaise qui ne soit rythmé par la kizomba, danse chaloupée et sensuelle, petite sœur de la semba angolaise. Apparue dans les années 80, la kizomba qui signifie «fête» en kimbundu, l'une des langues les plus parlées d'Angola, a conquis le pays, toutes générations confondues. Avant de séduire le reste du monde.


La kizomba est le résultat d'un doux cocktail d'influences diverses. Pour Domingos Nguizani, le directeur du ballet national angolais, cela s'explique ainsi: «Tous les esclaves partis d’ici, une fois à l’étranger, ont appris d’autres danses et il y a eu un grand mélange. Si vous écoutez du zouk, du meringué, de la rumba, c’est le mélange de tous ces genres qui a donné la kizomba», comme il le décrivait en 2013 sur France Inter.

Enroulements suggestifs
Fierté angolaise, la kizomba, qui rapproche les corps dans des déhanchements lents et enroulements suggestifs, a été popularisée par le chanteur congolais Eduardo Paim.

La kizomba chantée par Eduardo Paim (vidéo youTube du 17 janvier 2010).

 
Devenue le nouveau symbole de l'Angola, historiquement plus connu pour sa guerre civile (jusqu'en 2002) et son pétrole, la kizomba est progressivement sortie de ses frontières pour envahir ces dernières années les pistes de danse de toute l'Europe, avant de déferler sur le reste de la planète.

«Besoin d'affection»
«C'est normal que ça marche partout», estime Mario Contreiras. Amateur de la première heure, cet architecte de Luanda, la capitale angolaise, est devenu un ardent promoteur de la kizomba. «Notre monde a besoin d'affection», analyse-t-il.

«Nous, nous dansons la kizomba en nous enlaçant. En Europe et dans le monde, ils n'ont pas l'équivalent. Alors quand ils découvrent une danse qui vient d'Afrique, où les gens s'enlacent, même s'ils ne se connaissent pas (...) ça leur plaît forcément» explique Mario.

Devenue un phénomène de mode, la kizomba s'enseigne désormais à Paris, New York, Johannesburg et même à Oulan-Bator en Mongolie!
 

Leçon de kizomba dans le quartier de Mabor, au coeur de Luanda. Reportage AFP de Julie Jammot, mis en ligne le 5 octobre 2017.


«C'est un style très calme, très suave. On ne fait pas beaucoup de mouvements et on danse calmement», décrit l'une des adeptes de la kizomba, Elsa Domingos Cardoso, une étudiante de 22 ans.

Mais attention, prévient Zelo Castelo Branco, l'animateur de Radio Lac, à ne pas dévoyer cette part de la culture angolaise en la faisant voyager loin de ses racines et en l'érotisant sans retenue.

«La kizomba, c'est l'Angola»
Voilà pourquoi, en 2012, a été créé le projet «kizomba dans la rue»: tous les dimanches à la nuit tombée, le front de mer de Luanda se transforme en piste de danse, le temps d'un cours informel, gratuit et ouvert à tous. Une manière de s'assurer que la transmission se fait dans les règles.

Et Mario Contreiras de conclure:  «La kizomba est le miroir de ce que nous sommes et de notre culture (...) La kizomba, c'est l'Angola».

Par Véronique le Jeune (avec AFP)