LA VIDEO. La laïcité à la turque

Kemal Ataturk commémoré à Istanbul lors du 94e anniversaire du Jour de la victoire, le 30 août 2016.
Kemal Ataturk commémoré à Istanbul lors du 94e anniversaire du Jour de la victoire, le 30 août 2016. © Osan Kose/AFP

LA VIDEO. La laïcité à la turque

Mis à jour le 13/04/2017 à 15H33, publié le 16/09/2016 à 15H29

En octobre 1923, après sa victoire sur les occupants anglais et grecs, le général Kemal proclame la république de Turquie. Un bond en avant pour ancrer le pays dans la modernité. Dans ce pays musulman à 99% il inscrit la laïcité dans la Constitution. Le 16 avril 2017, à l'occasion du référendum pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président Erdogan, retour sur cette laïcité turque.


Aujourd'hui, bien que malmenée, la laïcité régit toujours officiellement la Turquie, nous explique Véronique le Jeune. Mais pour combien de temps ?

Un peu d'histoire
Celui qu'on appelle Ataturk, autrement dit «le père des Turcs» impose à la population une modernisation à marche forcée. Le costume à l'européenne fait son apparition. A l'école, l'alphabet latin remplace l'alphabet arabe. Dans les champs, les bœufs cèdent la place aux tracteurs.
 
Ataturk ne veut plus de l'islam comme fondement des institutions. Sa vision est facile à comprendre: la laïcité obligatoire doit permettre à l'homme turc nouveau de parler d'égal à égal avec les nations développées... et pourquoi pas, comme il le disait, de former «la grande famille des peuples modernes»

L'égalité des sexes est décrétée, la polygamie interdite, le port du voile islamique prohibé dans l'espace public... et le divorce reconnu. En 1934, la citoyenne turque se voit même octroyer le droit de vote... avec 11 ans d'avance sur la citoyenne française.

«C''est quoi au juste»: Véronique le Jeune, Géopolis/franceinfo


Mais, la situation évolue depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du parti islamo-conservateur AKP et, en 2014, avec l'élection à la tête de l'Etat de Recep Tayyip Erdogan. La réislamisation du pays semble en marche. Petit à petit, ce qui était autorisé devient interdit et vice-versa. Consommer de l'alcool à la terrasse des cafés, autant ne plus y penser, tandis que le voile islamique, lui, fait son grand retour. On le voit dans la fonction publique, à l'université et même au Parlement et à la télévision. 

Par Jacques Deveaux