LA PHOTO. Maroc: la colère s’amplifie après la mort de deux jeunes dans une mine

LA PHOTO. Maroc: la colère s’amplifie après la mort de deux jeunes dans une mine

Publié le 27/12/2017 à 16H29

En 2001, la mine de charbon de Jerada, qui constituait la principale ressource de la région, a fermé. Aujourd’hui, la commune est devenue l’une des plus pauvres du Maroc. Pour survivre, certains continuent d’exploiter clandestinement des mines abandonnées. Mais extraire le charbon n’est pas sans danger. Deux frères, y sont morts le 22 décembre 2017, entraînant une forte contestation sociale.

Depuis la mort de Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, la population manifeste sa colère et réclame du travail. Les habitants reprennent des slogans du mouvement de contestation sociale du Hirak, qui a agité l’année écoulée la région voisine du Rif. La mine de Jerada, au nord-est du pays, employait 9.000 ouvriers et a fonctionné pendant 40 ans. Mais jugée trop coûteuse, elle a été définitivement fermée. Aujourd’hui, des centaines d’hommes bravent le danger tous les jours pour extraire clandestinement du charbon dans ces «mines de la mort». «Le drame des deux frères est loin d’être un cas isolé. Chaque année, deux à trois hommes meurent en silence dans les mêmes conditions. Faute d’alternatives économiques, des jeunes souvent diplômés sont contraints de creuser des mines clandestines, parfois jusqu’à 100 mètres de profondeur», confie Said al-Manajami, un acteur associatif à Yabiladi.com. Le ministre de l’Energie et des Mines, Aziz Rebbah, a affirmé à l’AFP que «l’Etat est en train de construire une unité de production d’électricité à base de charbon. (Elle) entrera bientôt en service et emploiera 500 personnes, majoritairement de la région», précise-t-il.
A Jerada, dans la région de l'Oriental.

Depuis la mort de Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, la population manifeste sa colère et réclame du travail. Les habitants reprennent des slogans du mouvement de contestation sociale du Hirak, qui a agité l’année écoulée la région voisine du Rif. La mine de Jerada, au nord-est du pays, employait 9.000 ouvriers et a fonctionné pendant 40 ans. Mais jugée trop coûteuse, elle a été définitivement fermée. Aujourd’hui, des centaines d’hommes bravent le danger tous les jours pour extraire clandestinement du charbon dans ces «mines de la mort». «Le drame des deux frères est loin d’être un cas isolé. Chaque année, deux à trois hommes meurent en silence dans les mêmes conditions. Faute d’alternatives économiques, des jeunes souvent diplômés sont contraints de creuser des mines clandestines, parfois jusqu’à 100 mètres de profondeur», confie Said al-Manajami, un acteur associatif à Yabiladi.com. Le ministre de l’Energie et des Mines, Aziz Rebbah, a affirmé à l’AFP que «l’Etat est en train de construire une unité de production d’électricité à base de charbon. (Elle) entrera bientôt en service et emploiera 500 personnes, majoritairement de la région», précise-t-il.

© REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL

Par Laurent Filippi