La rénovation de la ligne Abidjan-Ouagadougou annoncée pour la 3e fois

Des trains de marchandises à la gare de Treichville à Abidjan (Côte d'Ivoire).
Des trains de marchandises à la gare de Treichville à Abidjan (Côte d'Ivoire). © ISSOUF SANOGO / AFP

La rénovation de la ligne Abidjan-Ouagadougou annoncée pour la 3e fois

Mis à jour le 06/12/2017 à 15H20, publié le 05/12/2017 à 17H20

Le début des travaux rénovation de la ligne ferroviaire entre Abidjan et Ouagadougou a été officiellement annoncé le 4 décembre 2017. Cette réhabilitation, qui va durer huit ans, devrait coûter 396 millions d'euros, soit 260 milliards de francs CFA. L'investissement vise à augmenter le trafic sur les 1.200 km de voies vétustes qui relient ces deux capitales de pays voisins et interdépendants.


Relier Abidjan et Ouagadougou en train aujourd'ui prend plus d'une journée et demie. Quelque 800.000 tonnes de marchandises transitent pas cette voie unique, qui relie les deux capitales, et 200.000 usagers l'empruntent dans des wagons qui roulent à 40 km à l'heure. Ces derniers échaudés après le flop du premier lancement des travaux en 2015, puis du second en juillet 2017, n'y croyaient plus. Mais les différentes déclarations lors de la dernière cérémonie de lancement, le 4 décembre 2017, à Abidjan, ont fait renaître leur espoir de voir leur temps de trajet considérablement écourté en 2025. «La rapidité, la sécurité et le confort seront au rendez-vous», a assuré le ministre burkinabè des Transports, Souleymane Soulama.
 
De son côté, le ministre ivoirien des Transports, Amadou Koné, a déclaré que «les investissements de ces travaux d'un montant global de 396 millions d'euros, soit 260 milliards de francs CFA, relèvent de la responsabilité du concessionnaire qui est désormais le groupe Bolloré».

Ce programme de modernisation des infrastructures prévoit «le renouvellement complet de 853 kilomètres de voies, la réhabilitation de 31 gares, de plusieurs ateliers de maintenance, durant la première phase des travaux de 2018-2021».

Bolloré gestionnaire de la ligne
Outre cette réhabilitation qui va durer huit ans, deux nouvelles rames de voyageurs et une locomotive neuve seront mises à la disposition de la Société internationale de transport africain par rail (Sitarail), détenue à 67% par le groupe Bolloré, gestionnaire de la ligne. Le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire en possèdent chacun 15%, le reste des actions (3%) appartenant au personnel.
 
«A l'issue des travaux, la Sitarail pourra transporter chaque année cinq millions de tonnes, dont deux millions de marchandises générales et trois millions de minerais, ainsi que 800.000 voyageurs», a déclaré le PDG de Bolloré Railways, Eric Melet.

C'est la troisième fois depuis 2015 que la rénovation de cette ligne ferroviaire gérée par Sitrarail est annoncée officiellement. Outre la vétusté, l'effondrement d'un pont enjambant une rivière en septembre 2016 au passage d'un train de marchandises, sur la partie ivoirienne de la ligne, sans faire de victime, avait relancé l'urgence des travaux. Le trafic avait été interrompu pendant deux semaines.

Avec des importations estimées à 287 millions de dollars en 2016, la Côte d'Ivoire se positionne comme le deuxième fournisseur du Burkina après la Chine. Tandis qu'Abidjan est le 4e client du Burkina avec des exportations estimées à 107,7 millions de dollars.

La Côte d'Ivoire, pays côtier et première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone, et le Burkina Faso, pays enclavé et pauvre malgré des avancées récentes, sont très proches par l'histoire et le commerce. Quelque trois millions de Burkinabè vivent en Côte d'Ivoire. Le Burkina est par ailleurs très dépendant de son voisin pour l'accès à la mer, ainsi que pour ses importations.

Par Dominique Cettour Rose