Le fléau du paludisme: «Un enfant succombe à la malaria toutes les deux minutes»

Un bébé souffrant de paludisme dans le centre médical de Bweyale en Ouganda, le 20 mars 2017.
Un bébé souffrant de paludisme dans le centre médical de Bweyale en Ouganda, le 20 mars 2017.
© Photo AFP/Godong/Bsip

Le fléau du paludisme: «Un enfant succombe à la malaria toutes les deux minutes»

Publié le 16/04/2018 à 15H06

Le paludisme tue énormément. 400.000 décès chaque année dans le monde, dont 92% en Afrique subsaharienne. Malgré des avancées récentes, les progrès globaux pour contrôler la maladie ont stagné, relève l’OMS. Quelque 3000 spécialistes sont réunis depuis le 15 avril 2018 au Sénégal pour tenter de faire avancer la lutte contre ce fléau.


Le dernier rapport de l’OMS est plutôt alarmant: «En 2016, environ 216 millions de cas cliniques ont été recensés dans le monde, soit cinq millions de plus qu’en 2015. 90% de ces cas sont survenus en Afrique sub-saharienne», relève l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Aujourd’hui, un enfant meurt du paludisme toutes les deux minutes dans le monde, rappellent les organisateurs de la conférence qui se tient à Thiès, non loin de Dakar, la capitale sénégalaise. Les enfants de moins de 5 ans représentent l’essentiel de ces décès.

Le paludisme est dû à un parasite mortel transmis à l’homme par des piqûres de moustiques femelles infestés. Cette maladie est souvent mortelle si aucun traitement n’’est administré au-delà de 24 heures après l’apparition des symptômes: fièvre, diarrhées, vomissements, douleurs musculaires et maux de tête.

La réalisation d'un vaccin toujours attendue
Pour les experts réunis au Sénégal jusqu’au 20 avril, il s’agit de partager les dernières avancées de la recherche en matière de surveillance de la maladie, de diagnostic, de traitements ou encore de progrès vers la réalisation d’un vaccin, toujours attendu.

En 2007, l’OMS avait annoncé vouloir tester un vaccin antipaludique dans trois pays africains dès 2018. Les trois pays concernés sont le Ghana, le Malawi et le Kenya. Le vaccin en question a été mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline, en partenariat avec l’ONG Path Malaria vaccine initiative.

L’organisation mondiale de la santé ambitionne de vacciner au moins 360.000 enfants africains d’ici à 2020. Quatre doses de vaccin doivent être injectées à l’enfant, lorsqu’il est âgé de 5 mois, 6 mois, 7 mois et 2 ans. 

Selon des tests menés entre 2009 et 2014, ce vaccin n’empêche pas toute infection par le parasite responsable du paludisme, mais il permet de réduire de 40%, pendant au moins quatre ans et demi, le nombre d’épisodes paludiques.

L’OMS espère avoir éradiqué la maladie d’ici à 2040.
En attendant le vaccin, considéré par l’OMS comme une arme parmi d’autres, la prévention reste de mise. Elle passe par l’utilisation de moustiquaires et la pulvérisation d’insecticides. Combinés à des traitements thérapeutiques, les traitements préventifs ont permis de diminuer de 62%, le nombre de décès de cette maladie entre 2000 et 2015.

Mais depuis, le bilan des personnes infectées est à la hausse. De nouvelles formes de résistance aux médicaments pour traiter le paludisme ont été mises à jour par des médecins britanniques. C’est dire que les experts réunis au Sénégal ont du pain sur la planche.

Par Martin Mateso avec agences