Le Ghana, nouvelle puissance pétrolière

Centrale au gaz au Ghana. Le pays dispose d'importantes ressources d'hydrocarbures. 
Centrale au gaz au Ghana. Le pays dispose d'importantes ressources d'hydrocarbures.  © Chris Stein / AFP

Le Ghana, nouvelle puissance pétrolière

Publié le 14/11/2017 à 9H10

Un nouveau pays producteur de pétrole entend bien se faire une place parmi les exportateurs de brut africains: le Ghana. Le pays dispose en effet d’importantes ressources, mais jusque-là, la production était bloquée à cause d’un différend frontalier avec la Côte d’Ivoire. Celui-ci ayant été tranché en faveur du Ghana, Accra espère maintenant gagner des milliards de dollars grâce à son pétrole.

La première découverte d’un gisement date de 2007 sur le champ pétrolifère offshore de Jubilee. L’exploitation a pu démarrer en un temps record (42 mois) dès la fin 2010. Mais l'exploration pétrolière a subi un coup d'arrêt il y a trois ans, quand la Côte d'Ivoire a accusé le Ghana de mener des forages offshore empiétant sur ses eaux territoriales. Après d'infructueuses négociations, l'affaire a été portée devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), qui a finalement tranché en septembre 2017: «le Ghana n'a pas violé» la souveraineté ivoirienne.
 
Le pays peut donc désormais compter sur les réserves de brut dans le golfe de Guinée. Aujourd’hui, la production est de 50.000 barils jour et l’objectif est d’atteindre d'atteindre 80.000 barils grâce à la mise en service de nouveaux puits d'ici deux ans. Le bassin de Tano abrite des réserves estimées entre 3 et 4 milliards de barils.

Malgré un prix du pétrole très bas, au prix actuel de 55 dollars le baril, les champs TEN (Tweneboa, Enyenra and Ntomme), dans le bassin du Tano, pourraient rapporter jusqu'à 165 milliards de dollars. Certes par rapport aux gros producteurs africains comme le Nigéria,ou l’Angola qui produisent plus de 1,5 million de barils jour, l’offre du Ghana peut apparaître marginale… mais pas pour les finances du pays. 
 
Le pays connaît une croissance importante mais a dû recourir à des ajustements structurels en raison de la montée de l’inflation et d’un déficit important et a emprunté au FMI. Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, a déclaré que la décision du tribunal avait ouvert des «possibilités de développement, de progrès et de prospérité»

Nana Akufo-Addo, élu président du Ghana en janvier 2017.
Nana Akufo-Addo, élu président du Ghana en janvier 2017. © Pius Utomi Ekpei / AFP

 

Depuis sept ans, les quelque 3,5 milliards de dollars issus du pétrole ont permis, selon les chiffres officiels, de financer des projets de développement, de nouvelles routes et des hôpitaux, comme le veut la loi ghanéenne, qui oblige à réinvestir une part des revenus de l'or noir dans des secteurs prioritaires. 

La montée actuelle des prix du brut ne peut que profiter au pays. Le Brent a gagné 42% depuis fin juin. Résultat, la bourse ghanéenne a gagné 21%.
 
Le Ghana a par ailleurs la chance de connaître une situation politique stable. Les élections qui se sont déroulées en décembre 2016 se sont déroulées dans le calme. Dans ce contexte, les Ghanéens espèrent que l'exploitation de l'or noir va pouvoir profiter à toute la population.

Par Pierre Magnan