Les migrants continuent de mourir en mer...

Un bébé secouru par les gardes-côtes libyens au large de Garabulli, à l'est de Tripoli, en Libye, le 8 janvier 2018.
Un bébé secouru par les gardes-côtes libyens au large de Garabulli, à l'est de Tripoli, en Libye, le 8 janvier 2018. © Hani Amara / Reuters

Les migrants continuent de mourir en mer...

Mis à jour à 11h35, publié le 11/01/2018 à 11H25

Les dirigeants de sept pays du sud de l’Union européenne devaient se retrouver le 11 janvier 2018 à Rome pour évoquer une nouvelle fois la situation migratoire. Alors que le flux migratoire baisse au prix d’accords controversés, le problème de l'immigration clandestine reste entier.


L’année 2018 commence par un drame pour les migrants qui tentent la traversée en Méditerranée. Entre 90 et 100 personnes sont portées disparues après le naufrage de leur embarcation de fortune, le 9 janvier 2018, au large de la Libye. Le bilan exact n’a pas été déterminé puisque les 17 rescapés étaient incapables de dire combien de  personnes se trouvaient à bord. Accrochés à des bouts de canot, ils ont dû attendre plusieurs heures les secours en raison du mauvais temps.
 
A leurs risques et périls
«Même pendant l’hiver et malgré les conditions météorologiques incertaines, des centaines de personnes continuent de risquer leur vie en mer pour fuir la Libye», souligne Klaus Merkle, coordinateur des secours à bord du navire Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et Médecins du Monde, qui vient en aide aux migrants.

Depuis le début de l’année, plusieurs embarcations ont fait naufrage. Des migrants ont été sauvés et des dizaines d’autres, dont des enfants, se sont noyés sans laisser de traces.

La majorité de ceux qui font le voyage viennent d’Afrique subsaharienne.
 
Des accords pour bloquer le départ
Les campagnes de sensibilisation pour dissuader les migrants de prendre la mer n’ont pas porté leurs fruits. En revanche, certains pays de l’Union européenne ont réussi à limiter le flux des migrants clandestins au prix d’accords controversés.

Des gardes-côtes libyens ont pour mission de bloquer les départs de migrants, d’intercepter les bateaux et de reconduire leurs passagers dans des centres de rétention. C’est ainsi que l’Italie a baissé de 70% les départs au deuxième semestre de 2017. La Grèce a réduit considérablement l’arrivée des migrants (six fois moins qu’en 2016) suite à l’accord entre la Turquie et l’Union européenne.
 
Condamnés à rester en Libye?
Bloqués en Libye, les migrants d’Afrique subsaharienne sont souvent victimes de maltraitance, d’exploitation, voire même d’esclavage. Après la diffusion par la chaîne américaine CNN d’images sur une vente aux enchères d’êtres humains sur la place publique en novembre 2017, plusieurs pays africains se sont engagés à rapatrier leurs ressortissants dans l’urgence.

«Ces évacuations de réfugiés ne peuvent qu’être une partie d’efforts plus larges de construction de l’asile et de gestion des migrations», souligne Vincent Cochetel à FranceInfo. Selon l'envoyé spécial du HCR, il est «nécessaire de créer davantage de moyens réguliers et sûrs afin de permettre aux réfugiés de trouver la sécurité et la protection internationale».

Près de 400.000 migrants sont bloqués en Libye selon le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Entre 7.000 à 9. 000 sont privés de liberté. 





 

Par Eléonore Abou Ez