Les vieux modèles Peugeot-Citroën, guimbardes à l'épreuve des routes africaines

Transport de dromadaires dans un pick-up Peugeot,  Zlitan (Libye) 
Transport de dromadaires dans un pick-up Peugeot,  Zlitan (Libye)  © PHILIPPE ROY/Aurimages

Les vieux modèles Peugeot-Citroën, guimbardes à l'épreuve des routes africaines

Publié le 10/08/2017 à 10H39

Avec son pick-up revisité, le groupe automobile français PSA prépare son grand retour sur un continent africain où ses anciens modèles n'ont pas encore dit le dernier mot.


Un nouveau modèle Peugeot devrait débarquer sur le continent en septembre 2017. Mais la marque au Lion n'a jamais vraiment quitté ni les pistes ni les routes africaines.  




L'increvable 504
En Afrique de l'Ouest, ce sont des 504 Peugeot, désormais sans âge et souvent transformées en taxis-brousse, qui assurent le transport public.«Des millions (de personnes) dépendent de ces véhicules pour rendre visite à leurs parents ou faire du commerce entre des pays comme la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée», rapporte Reuters. La production du véhicule, qui a réussi à conquérir le désert du Sahara, s'est arrêtée en 2005 au Nigeria.  

La 504 avait vu le jour en 1968. «Nous aurions pu continuer à produire la 504 à Kaduna (le site de production au Nigeria) pendant encore un an ou deux, confiait Jean-Pierre Vieux, le responsable de la zone Afrique chez Peugeot à Jeune Afrique en 2005. La demande existe. Mais nous avons préféré clore le chapitre de la 504, fût-il glorieux. Car ce modèle est de conception trop ancienne pour répondre aux critères de qualité que le public attend aujourd’hui d’une Peugeot.»


Vidéo mise en ligne le 13 avril 2016



La 404, tout terrain
Concept marketing versus principe de réalité qui vaut aussi pour la 404, pick-up et berline. Les premiers servent à transporter encore hommes et animaux : de la libye au Benin, en passant par le Mali, pays des «Dourou-Dourouni», nom de baptême des pick-up 404 bâchés.

Comme tous les vieux modèles du groupe PSA qui subsistent encore sur le continent africain, des garagistes ingénieux continuent de faire des merveilles pour les ressusciter. Ainsi, en Afrique de l'Est, les 404 Berline ont les faveurs des chauffeurs de taxi en Ethiopie.

Peintes en bleu et blanc, à l'instar de tous les transports en commun dans le pays, ces voitures cèdent peu à peu la place aux nouveaux taxis jaunes et verts, de marque chinoise, qui arpentent désormais Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. 


Vidéo mise en ligne le 2 novembre 2016. Source : CCTN Africa



2CV, forever !
En s'éloignant des côtes éthiopiennes, on arrive à Madagascar où la robustesse d'un autre vieux modèle du groupe PSA est fort apprécié. Là-bas, la 2CV, ce modèle de la marque Citroën qui a fusionné avec son compatriote Peugeot en 1974, est l'une des deux marques préférées quand il est question de taxis.  

Comme l'indique le documentaire de Philippe Lezin, diffusé sur la chaîne AB Moteurs en 2012, le modèle (comme la 4L de Renault) est facile à entretenir et permet de contrôler ses dépenses de carburant. Les vieilles voitures françaises, qui ont été importées par la Grande île après l'indépendance, sont aujourd'hui immortalisées par l'industrie touristique locale. Sur les marchés d'Antananarivo, la capitale malgache, on retrouve des répliques miniatures de ces modèles antiques.   

La résistante Peugeot 103
Mais il n'y a pas que les vieux bolides qui ont des fans dans le groupe PSA. «Au Maroc, explique l'AFP, la mobylette Peugeot 103, dont la production a cessé aussi bien au Maroc qu'en France, jouit d'une cote d'amour aussi increvable que l'engin au royaume chérifien», en dépit de la féroce concurrence chinoise.

La 103, produite de 1971 à 2011 en France, a vu sa production cesser au Maroc en 2014, avec la fermeture de l'usine DIMAC–Peugeot Motocycles à Casablanca. Les afficionados de l'engin sont encore nombreux dans un pays, où se penseront les futurs modèles de la marque PSA.  L'«Open Lab», installé à Rabat (Maroc), sera le coeur de la recheche et développement de l’usine PSA qui devrait commencer sa production à Kénitra en 2019.






Par Falila Gbadamassi