Libye: un ancien soldat amputé témoigne des difficultés à être soigné à Benghazi

Libye: un ancien soldat amputé témoigne des difficultés à être soigné à Benghazi

Mis à jour à 14h15, publié le 08/01/2018 à 13H41

Mutassim al-Misrati, un ancien soldat libyen blessé aux combats et amputé d’une jambe, a eu la chance d’être appareillé rapidement. Vivant à Benghazi, il raconte que pour la grande majorité des habitants, il est aujourd’hui très difficile de se faire soigner et de survivre, alors que les combats touchent à leur fin.

Six photos d’Esam Al-Fetori illustrent ce propos
un étudiant en économie, lors d’un combat en avril 2014 à Benghazi, sa ville natale. A l'époque, il avait rejoint les forces qui commençaient à s'unir autour du commandant Khalifa Haftar avant qu’il ne lance son opération Dignité pour reprendre le contrôle de la deuxième ville du pays.
1 / 6 Un lance-roquettes a arraché l’une des jambes de Mutassim al-Misrati,

un étudiant en économie, lors d’un combat en avril 2014 à Benghazi, sa ville natale. A l'époque, il avait rejoint les forces qui commençaient à s'unir autour du commandant Khalifa Haftar avant qu’il ne lance son opération Dignité pour reprendre le contrôle de la deuxième ville du pays.

© ESAM AL-FETORI / REUTERS
est aujourd’hui l’homme fort de l'est du pays, et un potentiel candidat à l’élection présidentielle que souhaite organiser en 2018 Ghassan Salamé, l’émissaire spécial de l’ONU en Libye. Après trois ans de combats meurtriers, il a annoncé, le 5 juillet 2017, la «libération totale» de Benghazi, même si les combats se poursuivent toujours et qu’une trentaine de djihadistes tiennent encore un pâté de maisons et quelques ruelles dans le quartier tout proche d'Akribich.
2 / 6 Le commandant Haftar, devenu maréchal en septembre 2016,

est aujourd’hui l’homme fort de l'est du pays, et un potentiel candidat à l’élection présidentielle que souhaite organiser en 2018 Ghassan Salamé, l’émissaire spécial de l’ONU en Libye. Après trois ans de combats meurtriers, il a annoncé, le 5 juillet 2017, la «libération totale» de Benghazi, même si les combats se poursuivent toujours et qu’une trentaine de djihadistes tiennent encore un pâté de maisons et quelques ruelles dans le quartier tout proche d'Akribich.

© ESAM AL-FETORI / REUTERS
Le déclin économique du pays et l’effondrement des services de santé ont laissé un grand nombre d'anciens combattants se débrouiller par eux-mêmes pour se soigner, explique le jeune homme à Reuters. Seules quelques structures médicales restent encore fonctionnelles. Une pénurie de personnels, de matériels et de médicaments empêchent de prendre en charge les malades, s’alarme la Croix rouge.
3 / 6 Cette victoire a eu un prix: des milliers de morts et de blessés.

Le déclin économique du pays et l’effondrement des services de santé ont laissé un grand nombre d'anciens combattants se débrouiller par eux-mêmes pour se soigner, explique le jeune homme à Reuters. Seules quelques structures médicales restent encore fonctionnelles. Une pénurie de personnels, de matériels et de médicaments empêchent de prendre en charge les malades, s’alarme la Croix rouge.

© ESAM AL-FETORI / REUTERS
Il a pu recevoir des soins médicaux l'année où il a été blessé et être équipé d’une prothèse de jambe. Cela lui a permis de reprendre ses études pour obtenir un diplôme en économie, mais aussi de pouvoir travailler dans un marché aux poissons. Toujours partisan de Haftar, il déclare: «Je me suis battu et dévoué pour mon pays. Grâce à Dieu, j'ai été épargné et maintenant je suis de retour avec mon travail et mon peuple.»
4 / 6 Mutassim al-Misrati a eu plus de chance.

Il a pu recevoir des soins médicaux l'année où il a été blessé et être équipé d’une prothèse de jambe. Cela lui a permis de reprendre ses études pour obtenir un diplôme en économie, mais aussi de pouvoir travailler dans un marché aux poissons. Toujours partisan de Haftar, il déclare: «Je me suis battu et dévoué pour mon pays. Grâce à Dieu, j'ai été épargné et maintenant je suis de retour avec mon travail et mon peuple.»

© ESAM AL-FETORI / REUTERS
l'équivalent de 225 dollars au taux du marché noir, qui fixe le prix de nombreux biens en Libye. Certains gouvernements impliqués dans le conflit ont pu envoyer des soldats blessés se faire soigner à l’étranger. En février 2017, un représentant officiel du parlement de l’est du pays a confirmé à Sputnik le transfert en Russie de 70 militaires libyens pour recevoir des soins médicaux. Mais beaucoup d’autres ne bénéficient pas d’aide et n’ont pas les moyens de se faire soigner hors de Libye.
5 / 6 Les vétérans touchent environ 2.000 dinars,

l'équivalent de 225 dollars au taux du marché noir, qui fixe le prix de nombreux biens en Libye. Certains gouvernements impliqués dans le conflit ont pu envoyer des soldats blessés se faire soigner à l’étranger. En février 2017, un représentant officiel du parlement de l’est du pays a confirmé à Sputnik le transfert en Russie de 70 militaires libyens pour recevoir des soins médicaux. Mais beaucoup d’autres ne bénéficient pas d’aide et n’ont pas les moyens de se faire soigner hors de Libye.

© ESAM AL-FETORI / REUTERS
trouver de l’argent liquide et lutter contre l’inflation est un combat quotidien qui amoindrit l’espoir suscité par la fin des combats. «Benghazi est rempli du sang des martyrs (…). Le pays veut la paix, a besoin de d’argent, de boulangeries, d’essence, d’électricité…», déclare Mutassim al-Misrati.
6 / 6 A Benghazi,

trouver de l’argent liquide et lutter contre l’inflation est un combat quotidien qui amoindrit l’espoir suscité par la fin des combats. «Benghazi est rempli du sang des martyrs (…). Le pays veut la paix, a besoin de d’argent, de boulangeries, d’essence, d’électricité…», déclare Mutassim al-Misrati.

© ESAM AL-FETORI / REUTERS

Laurent Filippi (avec Reuters)