Nigeria: le dambe, une boxe traditionnelle au-delà des clivages

Nigeria: le dambe, une boxe traditionnelle au-delà des clivages

Publié le 09/03/2018 à 15H20

Le dambe est une forme de boxe née au sein de la confrérie des Haoussas, au nord du Nigeria. Autrefois, cette pratique était un rite de passage avant le mariage ou servait d’entraînement militaire. Aujourd’hui, les combats de dambe sont organisés principalement au moment des récoltes ou à l’occasion de festivals. Ce sport est aussi un moyen de réconcilier les différentes ethnies.

13 photos de Stefan Heunis illustrent ce propos
quelques heures avant le début des combats nocturnes. Les jeunes boxeurs enroulent entièrement l’un de leur avant-bras dans des morceaux de tissu appelés «kara» et «zare». 
1 / 13 Les athlètes se préparent

quelques heures avant le début des combats nocturnes. Les jeunes boxeurs enroulent entièrement l’un de leur avant-bras dans des morceaux de tissu appelés «kara» et «zare». 

© STEFAN HEUNIS / AFP
L'autre, appelée le «bouclier», sert à se défendre. Les combattants peuvent aussi utiliser les pieds et la tête.
  
2 / 13 La main bandée est appelée la «lance» et sert à l'attaque.

L'autre, appelée le «bouclier», sert à se défendre. Les combattants peuvent aussi utiliser les pieds et la tête.   

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la capitale économique. Une manière d'introduire le dambe auprès des élites de la mégapole. 
3 / 13 Ce soir, les combats ont lieu dans le sud du pays à Lagos,

la capitale économique. Une manière d'introduire le dambe auprès des élites de la mégapole. 

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ont découpé le pays selon des lignes ethniques - Yorubas dans le sud-ouest, Igbos dans le sud-est et Haoussas dans le nord -, une recette synonyme de divisions et d'antagonismes qui perdurent des décennies après l'indépendance.» Cependant, les clivages se dissipent avec le dambe qui pourrait «aussi bien venir d'une autre planète», explique Stephanie Findlay de l’AFP.
4 / 13 «Les administrateurs coloniaux, les Britanniques,

ont découpé le pays selon des lignes ethniques - Yorubas dans le sud-ouest, Igbos dans le sud-est et Haoussas dans le nord -, une recette synonyme de divisions et d'antagonismes qui perdurent des décennies après l'indépendance.» Cependant, les clivages se dissipent avec le dambe qui pourrait «aussi bien venir d'une autre planète», explique Stephanie Findlay de l’AFP.

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explique le commentateur des matchs. Il ajoute sans détours vouloir «voir des dents rouler».
5 / 13 «C'est une tradition ancienne du Nord que nous introduisons dans le Sud»,

explique le commentateur des matchs. Il ajoute sans détours vouloir «voir des dents rouler».

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où les spectateurs sont essentiellement des hommes et où l'alcool est interdit, ici à Lagos, les femmes assistent aux matchs, cocktail à la main et cigarette à la bouche. 
6 / 13 A la différence du nord du pays principalement musulman,

où les spectateurs sont essentiellement des hommes et où l'alcool est interdit, ici à Lagos, les femmes assistent aux matchs, cocktail à la main et cigarette à la bouche. 

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pour combler le fossé culturel. Les commentateurs ont alterné l'usage de l'anglais et de la langue haoussa. Ils se sont appliqués à expliquer les règles de base du dambe à leur public. «La musique elle-même n'échappe pas aux clivages. Tambours et chants hypnotiques du Nord alternent avec un DJ diffusant du Davido, la pop-star nigériane, et du rappeur Illbliss. Mais les combattants semblent peu affectés par ces différences culturelles.
7 / 13 Cette soirée est le résultat d'une patiente recherche d'un compromis

pour combler le fossé culturel. Les commentateurs ont alterné l'usage de l'anglais et de la langue haoussa. Ils se sont appliqués à expliquer les règles de base du dambe à leur public. «La musique elle-même n'échappe pas aux clivages. Tambours et chants hypnotiques du Nord alternent avec un DJ diffusant du Davido, la pop-star nigériane, et du rappeur Illbliss. Mais les combattants semblent peu affectés par ces différences culturelles.

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Usman, 28 ans, exhibe un bras droit totalement recouvert de cicatrices faites au rasoir d'un centimètre de long indiquant le nombre de combats auquel il a participé. Son bras est enduit de «médecines» censées faciliter la victoire. 
8 / 13 Certaines traditions sont encore en vigueur aujourd'hui.

Usman, 28 ans, exhibe un bras droit totalement recouvert de cicatrices faites au rasoir d'un centimètre de long indiquant le nombre de combats auquel il a participé. Son bras est enduit de «médecines» censées faciliter la victoire. 

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ou dans de petites enceintes, mais cette fois les boxeurs se rencontrent sous des projecteurs installés sur la plage de Lekki, une banlieue prospère de Lagos. Les combats sont retransmis sur écran géant.
9 / 13 D'habitude, les matchs se déroulent sur des places poussiéreuses

ou dans de petites enceintes, mais cette fois les boxeurs se rencontrent sous des projecteurs installés sur la plage de Lekki, une banlieue prospère de Lagos. Les combats sont retransmis sur écran géant.

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précise un vétéran de ce sport. Un autre boxeur qui a voyagé dans tout le pays pendant les douze années de sa carrière raconte: «C'est mon gagne-pain», explique-t-il en fléchissant le bras droit, «mon arme», ajoute-t-il. 
10 / 13 Un combat peut rapporter 200.000 nairas (556 dollars),

précise un vétéran de ce sport. Un autre boxeur qui a voyagé dans tout le pays pendant les douze années de sa carrière raconte: «C'est mon gagne-pain», explique-t-il en fléchissant le bras droit, «mon arme», ajoute-t-il. 

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avec son poing prêt à frapper, le combattant attend comme un scorpion que son adversaire esquisse le premier geste.
11 / 13 Vêtu d'un simple short et parfois d’un porte-bonheur autour du cou,

avec son poing prêt à frapper, le combattant attend comme un scorpion que son adversaire esquisse le premier geste.

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et frappe la mâchoire de son adversaire.
12 / 13 Puis il abat alors son «arme»

et frappe la mâchoire de son adversaire.

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quand la main ou le genou d’un des boxeurs touche terre.
13 / 13 Un match de dambe se termine

quand la main ou le genou d’un des boxeurs touche terre.

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Laurent Filippi avec AFP