Noé, une ONG française pour protéger une réserve naturelle du Niger

Une antilope addax prise dans un vent de sable dans le désert du Niger.
Une antilope addax prise dans un vent de sable dans le désert du Niger. © Alain Dragesco-Joffé / Biosphoto

Noé, une ONG française pour protéger une réserve naturelle du Niger

Publié le 07/11/2018 à 17H13

Belle consécration pour l’ONG française Noé. Elle a signé lundi 5 novembre 2018 une délégation de gestion de la plus grande réserve naturelle du pays. Un mandat de vingt ans qui reconnaît le savoir-faire de l’ONG dans la protection de la nature et le développement durable.


C’est une première au Niger: une ONG française a été chargée de la gestion de la plus grande réserve naturelle du pays, Termit et Tin Toumma. Créée en 2012, elle s’étend sur 97.000 km² entre Agadez au nord, Zinder au centre-sud et Diffa près du bassin du lac Tchad au sud-est.

C’est, en superficie, la plus grande réserve terrestre d’Afrique. Plus étendue que la plus grande région française, la nouvelle Aquitaine (84.000 km²).
 
La région est un sanctuaire pour de nombreuses espèces menacées comme la gazelle dama, l’addax ou encore le guépard saharien. «La faune sauvage de la réserve est encore présente, mais elle est fortement menacée», s'est alarmée Valérie Collin, la secrétaire de l’ONG. Les menaces sont de trois ordres. D’abord le braconnage bien sûr, mais aussi le surpâturage, que Noé surveillera à l’aide de drones. Ensuite, la menace vient de l’exploitation pétrolière, avec des champs pétroliers actifs au cœur et en périphérie de la réserve.

La menace Boko Haram
Reste enfin le problème de Boko Haram. Le groupe terroriste est très présent dans le secteur. Il constitue une menace pour les populations nomades. Car la région est un véritable carrefour ethnique entre Toubous, Touaregs et Peuls qui se croisent dans ce long corridor. C’est pourquoi l’ONG œuvre à la mise en place d’une gouvernance locale de la réserve. Il faut aussi détourner les populations de l’influence de Boko Haram. Pour cela, il faut améliorer l’accès aux services de base. Les populations sont isolées et bénéficient peu des interventions de l’Etat ou des programmes de développement.

Pour son action de protection au cours de l’année 2017, l’ONG a publié un bilan encourageant. Ainsi, 200 jours de patrouille dans la réserve ont permis l’arrestation de cinq braconniers. D’autre part, les actions de sensibilisation de la population se sont multipliées, touchant 1640 personnes issues des campements nomades. Avec le soutien d’Education sans frontière, chaque année plus de 600 personnes peuvent accéder à des soins et obtenir des traitements répondant à leurs pathologies.
 
Noé ne se repose pas sur ses lauriers. Un nouveau projet d’appui à la gestion durable de la zone vient d’être lancé, financé par l’Union européenne et l’Agence française de Développement.

Par Jacques Deveaux