Ramadan à Alger: la rupture du jeûne se modernise en prenant l'air... à la plage

Ramadan à Alger: la rupture du jeûne se modernise en prenant l'air... à la plage

Publié le 12/06/2018 à 15H37

Dérogeant à la tradition, de plus en plus d'Algérois choisissent de rompre le jeûne du mois de ramadan sur une plage proche du centre de la capitale algérienne, où se côtoient hommes et femmes de tous âges et milieux sociaux.

Traditionnellement en Algérie, le ftor (ou iftar, repas de rupture du jeûne au coucher du soleil) se partage à domicile, en famille ou entre amis, devant une table débordant de mets. Le ftor dans un lieu public montre à la fois l'attachement culturel des Algériens au ramadan et à ses traditions et leur désir de changement et de modernisation des pratiques, indique à l'AFP Said Djabelkheir, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du soufisme.
1 / 4 Plage des Sablettes

Traditionnellement en Algérie, le ftor (ou iftar, repas de rupture du jeûne au coucher du soleil) se partage à domicile, en famille ou entre amis, devant une table débordant de mets. Le ftor dans un lieu public montre à la fois l'attachement culturel des Algériens au ramadan et à ses traditions et leur désir de changement et de modernisation des pratiques, indique à l'AFP Said Djabelkheir, chercheur en sciences islamiques et spécialiste du soufisme.

© RYAD KRAMDI / AFP
Chaque soir à l’approche de l'heure du ftor, les rues d'Alger se vident. Mais sur la plage des Sablettes, à 5 km à l'est du centre historique, c'est l'effervescence: familles ou groupes d'amis prennent d'assaut les tables à pique-nique en bois surplombant la plage. Pour le sociologue Zoubir Arous, professeur à l'université d'Alger, le phénomène s'inscrit dans le mouvement plus général ces dix dernières années d'«ouverture de l'espace public aux femmes» qui en avaient été chassées par la montée de l'islamisme entamée à la fin des années 1980 puis la décennie de guerre civile (1992-2002).
2 / 4 L'Iftar aux Sablettes

Chaque soir à l’approche de l'heure du ftor, les rues d'Alger se vident. Mais sur la plage des Sablettes, à 5 km à l'est du centre historique, c'est l'effervescence: familles ou groupes d'amis prennent d'assaut les tables à pique-nique en bois surplombant la plage. Pour le sociologue Zoubir Arous, professeur à l'université d'Alger, le phénomène s'inscrit dans le mouvement plus général ces dix dernières années d'«ouverture de l'espace public aux femmes» qui en avaient été chassées par la montée de l'islamisme entamée à la fin des années 1980 puis la décennie de guerre civile (1992-2002).

© RYAD KRAMDI / AFP
Rompre le jeûne à la plage est courant en Tunisie et le phénomène se développe au Maroc, à la faveur d'un mois de ramadan tombé l'été ces dernières années - il est basé sur le calendrier lunaire. Le phénomène est quasi inexistant sur la côte algérienne, à l'exception d'Annaba, près de la frontière tunisienne, et il est très récent à Alger. Il y est apparu timidement durant le ramadan 2015 avec la fin de travaux d'assainissement et d'aménagement d'une promenade agrémentée de kiosques, balançoires et manèges aux Sablettes. La rénovation de cette plage, longtemps polluée et difficile à atteindre, a rendu un accès à la mer aux riverains, qui en étaient depuis longtemps privés par une autoroute et par des installations portuaires occupant une large partie de la baie d'Alger.
3 / 4 Le ftor aux Sablettes

Rompre le jeûne à la plage est courant en Tunisie et le phénomène se développe au Maroc, à la faveur d'un mois de ramadan tombé l'été ces dernières années - il est basé sur le calendrier lunaire. Le phénomène est quasi inexistant sur la côte algérienne, à l'exception d'Annaba, près de la frontière tunisienne, et il est très récent à Alger. Il y est apparu timidement durant le ramadan 2015 avec la fin de travaux d'assainissement et d'aménagement d'une promenade agrémentée de kiosques, balançoires et manèges aux Sablettes. La rénovation de cette plage, longtemps polluée et difficile à atteindre, a rendu un accès à la mer aux riverains, qui en étaient depuis longtemps privés par une autoroute et par des installations portuaires occupant une large partie de la baie d'Alger.

© RYAD KRAMDI / AFP
Chaque soir, la plage des Sablettes reflète les facettes multiples de la société algérienne: enfants, adolescents et adultes, cadres, ouvriers, enseignants, étudiants ou chômeurs viennent chercher espace et fraîcheur. Des femmes sont voilées, d'autres non. Les jeans moulants côtoient les niqab. Aux Sablettes, entre tablées voisines on s'échange brochettes ou pâtisseries, remettant au goût du jour la tradition tombée en désuétude qui voulait que les voisins s'offrent mutuellement des plats au moment du ftor.
4 / 4 Ramadan à la plage

Chaque soir, la plage des Sablettes reflète les facettes multiples de la société algérienne: enfants, adolescents et adultes, cadres, ouvriers, enseignants, étudiants ou chômeurs viennent chercher espace et fraîcheur. Des femmes sont voilées, d'autres non. Les jeans moulants côtoient les niqab. Aux Sablettes, entre tablées voisines on s'échange brochettes ou pâtisseries, remettant au goût du jour la tradition tombée en désuétude qui voulait que les voisins s'offrent mutuellement des plats au moment du ftor.

© RYAD KRAMDI / AFP

Géopolis (avec AFP)