RDC : Joseph Kabila renonce à la présidentielle du 23 décembre 2018

Le président congolais Joseph Kabila lors de son discours à la nation au Palais du peuple, le 5 avril 2017, à Kinshasa.
Le président congolais Joseph Kabila lors de son discours à la nation au Palais du peuple, le 5 avril 2017, à Kinshasa.

RDC : Joseph Kabila renonce à la présidentielle du 23 décembre 2018

Mis à jour le 09/08/2018 à 10H01, publié le 08/08/2018 à 15H30

Les Congolais ont appris avec soulagement que le président Joseph Kabila ne sera pas candidat à l’élection du 23 décembre. C’est son ancien ministre de l’intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary et secrétaire permanent de son parti, qui défendra les couleurs de la majorité présidentielle. Après le suspens Kabila, la bataille devrait s’engager autour des machines à voter décriées par l'opposition.


La peur d’une explosion de violence tant redoutée à Kinshasa en cas d’une nouvelle candidature de Joseph Kabila s’est estompée. Le président congolais a donc respecté la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat. Mais les litiges sont loin d’être réglés jusqu’au scrutin du 23 décembre.

Les Congolais restent sur le qui-vive. Ils attendent de savoir notamment si les dossiers de tous les poids-lourds de l’opposition engagés dans cette course seront validés par la Commission électorale (CENI). Celle-ci doit publier sa liste définitive le 19 septembre.

L’incertitude sur le candidat Jean Pierre Bemba
L’incertitude pèse sur Jean Pierre Bemba, même s’il a bel et bien déposé sa candidature après son retour triomphal à Kinshasa. La CPI le poursuit toujours dans une affaire annexe après l’avoir acquitté en appel d’une peine de 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

L’autre inconnue porte sur l’attitude des nombreux partisans du candidat Moïse Katumbi, empêché de regagner le pays pour déposer sa candidature. Dans son fief du Katanga, les mécontents pourraient chercher à perturber le bon déroulement du scrutin.

«Machine à voter?» ou « machine à tricher?»
Le bras de fer va aussi s’engager sur un autre dossier très délicat : celui des machines à voter, décriées par tous les candidats de l’opposition.
Selon la commission électorale congolaise, quelque 35.000 machines sont attendues dans les tous prochains jours à Kinshasa en provenance de la Corée du Sud. Des experts de la CENI se sont rendus sur place pour s’assurer de la qualité de ces machines.

La machine à voter n’a encore servi nulle part
L’opposition fait bloc pour contester l’utilisation de ces machines.

Comme l'a expliqué le candidat Jean Pierre Bemba à TV5 Monde, «ces machines n’ont été utilisées nulle part. La RDC sera la première à les tester. Dans un pays où une grande partie de la population n’a jamais utilisé des machines tactiles. Des essais ont effectués au niveau de l’assemblée nationale et de la CENI. Quel est l’intérêt de la CENI d’aller dans des élections qui seront contestées le lendemain? Il faut qu’elle mette en place les conditions acceptables par tout le monde ».

Certains n’hésitent pas à qualifier ces outils de «machines à tricher».

Par Martin Mateso