Soudan: les malades du cancer attendent une levée des sanctions américaines

Le centre de radiothérapie pour le traitement des cancers à Khartoum, capitale du Soudan, pâtit de l'embargo américain depuis 20 ans.
Le centre de radiothérapie pour le traitement des cancers à Khartoum, capitale du Soudan, pâtit de l'embargo américain depuis 20 ans. © ASHRAF SHAZLY / AFP

Soudan: les malades du cancer attendent une levée des sanctions américaines

Publié le 12/08/2017 à 13H01

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des groupes islamistes. Le fondateur d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden a vécu à Khartoum entre 1992 et 1996. Au fil des ans, les administrations américaines successives ont renforcé ces restrictions, accusant le pays de violations des droits de l'Homme. Récemment, pourtant, les relations se sont réchauffées.


Les malades du cancer soignés dans le plus grand hôpital public soudanais, à Khartoum la capitale, sont certainement parmi les plus impatients d'obtenir un changement de leur situation. Leurs radiothérapies et traitements sont ralentis à cause des sanctions américaines qui pèsent sur le Soudan depuis 20 ans.

En théorie, l'embargo ne touche ni les médicaments vitaux ni le matériel médical, mais les restrictions imposées aux transactions bancaires et aux échanges de technologie, ainsi que les lourdes régulations commerciales, entravent les soins prodigués dans les hôpitaux.

Ainsi, deux des quatre appareils de radiothérapie de l'hôpital sont en panne depuis des mois et leur réparation est devenue un cauchemar, témoigne le directeur général de l'établissement, Khatir Al-Alla. «Les pièces détachées doivent être rapportées des Etats-Unis ou d'Europe», explique-t-il en déplorant les «problèmes diplomatiques».

Personne au Soudan ne peut entretenir le matériel médical
Quant à l'appareil de mammographie, il est hors service depuis des semaines, souligne Hania Fadl, la fondatrice du Khartoum Breast Care Centre, l'unique établissement médical spécialisé dans le cancer du sein au Soudan.

Pénalisé par les restrictions sur les échanges de technologies, le personnel technique soudanais est incapable d'entretenir le matériel, déplore cette radiologue formée en Grande-Bretagne. Les techniciens doivent venir d'Egypte ou du Kenya voisins pour réparer l'appareil de mammographie, crucial pour la détection d'un cancer du sein.
 
Khartoum régulièrement accusée de violations des droits de l'Homme
Les responsables politiques soudanais espèrent en tous cas beaucoup de ce rapprochement entre Washington et Khartoum. Ils attendent que cela se traduise par une levée définitive des sanctions économiques à la date précise du 12 octobre 2017, soit à la fin de la période probatoire imposée par l'équipe du président américain Donald Trump, en place depuis janvier.

Aucun président des Etats-Unis depuis 1997, première année de mesures prises contre le Soudan, n'a remis en question cette décision. Au contraire, Khartoum est régulièrement accusée de violations des droits de l'Homme, notamment dans le conflit meurtrier contre des rebelles du Darfour (ouest) qui a fait 330.000 morts depuis 2003, selon l'ONU.

Par Véronique le Jeune (avec AFP)