Syrie: le ministre israélien Yoav Galant appelle au meurtre de Bachar al-Assad

Photo satellite datée du 18 avril 2017 du centre de détention de Saidanaya en Syrie. Fournie par Digital Globe elle a été diffusée par le département d'Etat américain le 15 mai 2017, en appui à l'accusation de la présence de crématorium dans le prérimètre de la prison pour brûler les détenus exécutés par le régime.
Photo satellite datée du 18 avril 2017 du centre de détention de Saidanaya en Syrie. Fournie par Digital Globe elle a été diffusée par le département d'Etat américain le 15 mai 2017, en appui à l'accusation de la présence de crématorium dans le prérimètre de la prison pour brûler les détenus exécutés par le régime. © DigitalGlobe/AFP

Syrie: le ministre israélien Yoav Galant appelle au meurtre de Bachar al-Assad

Publié le 17/05/2017 à 9H28

Avis de tempête sur le régime syrien alors que s’ouvre une 5e série de pourparlers à Genève. Après les révélations de Washington sur l’existence d’un crématorium à la prison de Sadnaya pour brûler les prisonniers exécutés en Syrie, un ministre israélien a lancé un appel au meurtre du président Bachar al-Assad. De son côté, Damas a qualifié les révélations américaines de «scénario hollywoodien».


«A mon avis, nous sommes en train de franchir une ligne rouge. Et pour moi, le temps est venu d’assassiner al-Assad. C’est aussi simple que ça». C’est en ces termes violents et sans détours que le ministre israélien du Logement, Yoav Galant, a réagi aux dernières révélations de Washington sur l’usage de crématorium en Syrie pour éliminer les traces des détenus exécutés.

Un ministre israélien veut «couper la queue du serpent» pour se concentrer sur l'Iran 
Réaction personnelle du ministre ou révélatrice de l’état d’esprit du gouvernement Netanyahu, lui-même très en phase avec le président américain, Donald Trump? Yoav Galant a explicité son appel lors d'une conférence près de Jérusalem.
 
«La réalité de la situation en Syrie est qu’ils sont en train d’exécuter des gens, en utilisant des attaques chimiques contre eux, et récemment, ils brûlent leurs cadavres. C’est quelque chose que nous n’avons pas vu en 70 ans», a-t-il déclaré en référence à la Shoah.
 
Rappelant que Bachar al-Assad et son allié, le Hezbollah libanais pro-iranien, étaient de plus grandes menaces pour le monde que l’Etat islamique, l’ancien général a estimé que l’assassinat du dirigeant syrien était comparable à «couper la queue d’un serpent» et après ça, «nous pouvons rester concentrés sur le plus important, l’Iran», a-t-il dit.

Washington demande à Moscou de faire cesser les crimes de masse 
La veille, le département d’Etat américain avait dévoilé des photos satellites «déclassifiées» du complexe pénitentiaire de Saydnaya au nord de Damas. Des clichés sur plusieurs années sur lesquels des légendes indiquent «prison principale» et «probable crématorium». Ce dernier lieu ayant servi, selon Washington, à brûler une parties des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années par le régime.
 
«Nous pensons que la construction d’un crématoire est une tentative pour dissimuler l’étendue des meurtres de masse perpétrés à Saydanya», a accusé le secrétaire d’Etat-adjoint pour le Moyen-Orient, Stuart Jones.
 
«Ces atrocités ont été perpétrées, semble-t-il, avec le soutien inconditionnel de la Russie et de l’Iran», a encore précisé le diplomate quelques jours après le passage, le 10 mai 2017, du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à la Maison Blanche.
 
«Le secrétaire d’Etat Tillerson a été ferme et clair avec le ministre Lavrov: la Russie a une énorme influence sur Bachar al-Assad», a déclaré de son côté le porte-parole du département d’Etat Heather Nauert. Moscou doit, selon Washington, faire pression sur son allié pour qu’il mette fin à ces «meurtres de masse».
 
Des accusations qui interviennent le jour de la reprise, la cinquième du genre, des pourparlers entre le régime et l’opposition sous la houlette de l’ONU à Genève.

«Un nouveau scénario hollywoodien», selon Damas 
Après l’accord passé à Astana au Kazakhstan le 4 mai 2017, sous la triple tutelle de Moscou, Ankara et Téhéran, pour créer des «zones de désescalades» en Syrie et limiter l’effusion de sang, les Nations Unies tentent malgré tout de maintenir une présence sur le dossier.
 
La réunion de Genève était devenue «urgente», a déclaré l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. «Une désescalade» ne peut-être appliquée «sans un horizon politique» et «nous travaillons en tandem» avec le processus d’Astana, a expliqué Staffan de Mistura.
 
Imperturbable, le régime syrien a estimé «totalement infondées» les allégations de Washington l’accusant d’avoir brûlé des prisonniers dans un «crématorium». Le ministère syrien des Affaires étrangères a même qualifié l'affaire de «nouveau scénario hollywodien déconnecté de la réalité».

Par Alain Chémali avec AFP