Testé à 275 km/h, le TGV marocain bientôt prêt pour le service

Copie d'écran du site Aujourd'hui le Maroc: TGV marocain.
Copie d'écran du site Aujourd'hui le Maroc: TGV marocain. © Copie d'écran du site Aujourd'hui le Maroc

Testé à 275 km/h, le TGV marocain bientôt prêt pour le service

Publié le 12/10/2017 à 14H58

Son exploitation commerciale est prévue pour l’été 2018. Pour l’heure, le TGV poursuit les tests sur la nouvelle ligne Tanger-Casablanca. Les 275 km/h ont déjà été atteints et très bientôt, les 300 km/h. Il va réduire de moitié le temps du trajet entre les deux villes et faire rentrer le Maroc dans le cercle encore restreint des pays à «Grande vitesse».


«C’est déjà le train le plus rapide du continent», a commenté Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, en assistant aux premiers essais à grande vitesse du TGV marocain. Si tout se passe bien, à l’été 2018, il reliera Tanger au nord à Casablanca, via la capitale Rabat. Pour l’instant, le train a fait ses gammes à 275 km/h, mais la vitesse de pointe annoncée est de 320 km/h. Une vitesse qui sera progressivement atteinte durant cette phase de tests. Cela lui permettra de mettre un peu plus de deux heures pour relier Tanger à Casablanca, au lieu de cinq actuellement.

Retour sur le chantier 
Construire cette ligne de 200 km n’a pas été une mince affaire, en raison de la nature du terrain, du paramètre météorologique (le vent) et de l’opposition d’une partie de la population. Ce dernier point a considérablement freiné les expropriations. Or, il y avait 1800 hectares de terrain à acquérir. Par voie de conséquence, le chantier a pris trois années de retard et n’a toujours pas convaincu une partie de la population qui juge le projet dispendieux et inutile. «Le TGV va couter 25 milliards de Dirhams. On peut construire 25.000 écoles avec cet argent», rappelle à la BBC Omar Balafrej, l’un des fondateurs de l’association Stop TGV.

Reportage Africa 24


Côté génie civil, le chantier a été conséquent avec ses 254 ouvrages d’art, dont dix viaducs totalisant une longueur de 10 km. Le plus long, le viaduc d’El Hachef, atteint 3,5 km. Tout cela a fait sensiblement déraper le coût de la construction de 15% par rapport à l’estimation de 2007. Il va donc atteindre les deux milliards d’euros, dont la moitié financée par la France. Pour autant, les responsables marocains du projet TGV se félicitent d’un coût inférieur aux réalisations européennes. «On est à moins de neuf millions d'euros le kilomètre, pour un standard européen de 20 millions d'euros le kilomètre», souligne Rabii Lakhlii, le PDG de l'ONCF.

L’Office national des chemins de fer (ONCF) table sur six millions de voyageurs au bout de trois ans d’exploitation. Des voyageurs aisés qui seront en capacité de payer un billet 30% plus cher que pour le train classique. Le plan stratégique Rail Maroc prévoit de construire 1500 km de ligne à grande vitesse à l’horizon 2040. Deux grands axes sont prévus, l’un vers le Sud, entre Casablanca et Agadir, l’autre – la «Ligne maghrébine» – allant de la capitale vers Oujda, au nord-est du pays.

Par Jacques Deveaux