Togo: les Tata Somba, mini châteaux forts et fragiles à la fois

Togo: les Tata Somba, mini châteaux forts et fragiles à la fois

Publié le 01/07/2018 à 18H07

Construit avec de la terre crue (le banco) et des matériaux végétaux depuis le XVIIe siècle, l'habitat traditionnel du nord-est du Togo est pensé en totale harmonie avec son environnement. Disséminé sur un territoire de 50.000 hectares aux confins du Bénin, il est constitué de Tata, des maisons à étage fortifiées, uniques en leur genre. Une architecture inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco.

En wolof, le mot «tata» signifie «mur d'enceinte, fortin». Les hautes maçonneries servent à se protéger contre les bêtes féroces ou contre l'ennemi en temps de guerre. Les Somba sont divisés en sous-groupes dont les Tamberma, «ceux qui bâtissent avec de la terre humide», établis dans une vallée au Togo.
1 / 8 Un Tata du peuple Somba avec ses tourelles au toit de chaume et son toit plat

En wolof, le mot «tata» signifie «mur d'enceinte, fortin». Les hautes maçonneries servent à se protéger contre les bêtes féroces ou contre l'ennemi en temps de guerre. Les Somba sont divisés en sous-groupes dont les Tamberma, «ceux qui bâtissent avec de la terre humide», établis dans une vallée au Togo.

© PHILIPPE ROY / AURIMAGES / AFP
Dans les Tata, chaque occupant dispose d'un endroit à lui, même très petit. L'entrée est étroite pour protéger l'intérieur de l'humidité ou de la chaleur. Les maisons fortifiées sont construites par les hommes durant la saison sèche. Les femmes y ajoutent des scarifications pour les personnaliser.
2 / 8 Une jeune fille Somba sort de sa chambre

Dans les Tata, chaque occupant dispose d'un endroit à lui, même très petit. L'entrée est étroite pour protéger l'intérieur de l'humidité ou de la chaleur. Les maisons fortifiées sont construites par les hommes durant la saison sèche. Les femmes y ajoutent des scarifications pour les personnaliser.

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Au rez-de-chaussée des maisons fortifiées, on trouve la cuisine, une étable, un poulailler, ainsi que les chambres réservées aux plus âgés. Devant les portes, toutes orientées vers l'ouest, considéré comme le point cardinal de la vie par les Somba, trônent les «fétiches», les «dieux protecteurs» de l'habitation et de ses occupants.
3 / 8 Le poulailler (à gauche) et un assemblage de fétiches

Au rez-de-chaussée des maisons fortifiées, on trouve la cuisine, une étable, un poulailler, ainsi que les chambres réservées aux plus âgés. Devant les portes, toutes orientées vers l'ouest, considéré comme le point cardinal de la vie par les Somba, trônent les «fétiches», les «dieux protecteurs» de l'habitation et de ses occupants.

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Le sol est composé d'un mélange de terre, de bois de karité et de feuilles d'arbres dans lequel un âtre a été creusé. Les habitants mangent leurs repas composés de mil et d'ignames dans des calebasses.
4 / 8 La cuisine d'une maison Tata au Togo

Le sol est composé d'un mélange de terre, de bois de karité et de feuilles d'arbres dans lequel un âtre a été creusé. Les habitants mangent leurs repas composés de mil et d'ignames dans des calebasses.

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Animistes, les Somba passent beaucoup de temps à fabriquer des «fétiches» de toutes tailles, censés apporter protection aux membres de la famille, à la maison, au bétail, à la basse-cour et à la récolte. Des divinités installées devant chaque Tata, et aussi à l'intérieur, à qui les habitants font de régulières offrandes (lait, sang de poule...). Des «fétiches» qui ne sont pas non plus oubliés lors des cérémonies au cours desquelles les femmes et les jeunes filles portent une coiffe en vannerie ornée de cauris (coquillages) et de cornes d'antilope.
5 / 8 Un «féticheur» (à gauche) et une jeune fille avec sa coiffe traditionnelle

Animistes, les Somba passent beaucoup de temps à fabriquer des «fétiches» de toutes tailles, censés apporter protection aux membres de la famille, à la maison, au bétail, à la basse-cour et à la récolte. Des divinités installées devant chaque Tata, et aussi à l'intérieur, à qui les habitants font de régulières offrandes (lait, sang de poule...). Des «fétiches» qui ne sont pas non plus oubliés lors des cérémonies au cours desquelles les femmes et les jeunes filles portent une coiffe en vannerie ornée de cauris (coquillages) et de cornes d'antilope.

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A l'étage, le grain et le maïs sont séchés et stockés. Le grenier sert aussi à cacher les biens les plus précieux. On y accède par une échelle extérieure qui permet d'ouvrir le sommet du toit de chaume.
6 / 8 Sous les toits de chaume, le grenier à céréales compartimenté

A l'étage, le grain et le maïs sont séchés et stockés. Le grenier sert aussi à cacher les biens les plus précieux. On y accède par une échelle extérieure qui permet d'ouvrir le sommet du toit de chaume.

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L'ethnie Tamberma, issue du peuple Somba, est estimée à 20.000 habitants environ au Togo. Mais la jeune génération, peut-être attirée par un confort plus moderne, semble délaisser son habitat traditionnel et l'entretien qu'il demande pour des matériaux comme le béton et la tôle.
7 / 8 Deux frères posent devant les fétiches de leur maison

L'ethnie Tamberma, issue du peuple Somba, est estimée à 20.000 habitants environ au Togo. Mais la jeune génération, peut-être attirée par un confort plus moderne, semble délaisser son habitat traditionnel et l'entretien qu'il demande pour des matériaux comme le béton et la tôle.

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Les châteaux forts d'argile ponctuent ça et là la verte vallée des Tamberma de leurs façades ocre. Pas de villages classiques. C'est après un rite de passage à l'âge adulte qu'un jeune homme Somba a le droit de se marier et de construire sa propre Tata qu'il habitera toute sa vie.
8 / 8 Entre manguiers, baobabs et champs de mil, se dressent fièrement les Tata Somba

Les châteaux forts d'argile ponctuent ça et là la verte vallée des Tamberma de leurs façades ocre. Pas de villages classiques. C'est après un rite de passage à l'âge adulte qu'un jeune homme Somba a le droit de se marier et de construire sa propre Tata qu'il habitera toute sa vie.

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Véronique le Jeune