Tunisie: la grenade, fruit d’avenir à l’exportation

Cueillette de grenades à Testour (nord de la Tunisie), le 15 octobre 2016.
Cueillette de grenades à Testour (nord de la Tunisie), le 15 octobre 2016. © FETHI BELAID / AFP

Tunisie: la grenade, fruit d’avenir à l’exportation

Publié le 03/11/2018 à 11H09

Depuis le début de la saison de production en octobre 2018, l’exportation de grenades a rapporté 3,8 millions de dinars (1,15 million d’euros) à la Tunisie, rapporte l’agence de presse TAP. La production du fruit a beaucoup augmenté ces dernières années. Un fruit qui, depuis 2016, a son festival à Testour (nord).


«La grenade est le 3e produit phare de l’agriculture tunisienne derrière l’huile d'olive et les dattes», rapporte le site africanews.fr. Selon l’agence TAP, la production nationale de cette grosse et lourde baie (300-350 g en moyenne), qui renferme de nombreux pépins à la pulpe rouge, devrait atteindre 75.000 tonnes à la fin de la saison de production en mars (2019). Les gouvernorats (départements) de Béjà (nord-ouest) et celui de Gabès (sud-est) sont les principales régions productrices.

Empêtrée dans de graves difficultés économiques, la Tunisie mise sur l’exportation d’une manière générale, et celle de la grenade en particulier. Dans ce contexte, en quatre ans, entre 2012 et 2016, la production du pays aurait été multipliée par plus de 50. Mais à peine plus de 5% seraient écoulés à l‘étranger, «principalement en Libye, en France, en Russie et dans les pays du Golfe», rapporte africanews.

Pour rejoindre la cour des grands exportateurs, en l’occurrence, l’Espagne, la Turquie et Israël, la Tunisie doit donc se mettre au diapason.

Caisses remplies de grenades après la cueillette à Testour (nord de la Tunisie) le 15 octobre 2016 Caisses remplies de grenades après la cueillette à Testour (nord de la Tunisie) le 15 octobre 2016 © FETHI BELAID / AFP


Circuit unique de collecte et label unique de qualité
Pour y parvenir, ses producteurs doivent surmonter de nombreux obstacles. Il leur faut notamment résoudre des problèmes (notamment administratifs) d’irrigation, de financement et de commercialisation du fruit. Dans ce contexte, «nous avons besoin (d’organiser) un circuit unique de collecte, avec un prix standard aligné sur les cours du marché international», explique un producteur, cité par le site internet. Il s’agit aussi de mettre en place un label unique de qualité.

Certains producteurs demandent la création d’un office pour les grenades, comme cela a été fait pour les dattes. Ils en attendent notamment des mesures législatives. Ainsi qu’un «encouragement à l’investissement dans le domaine de la transformation» des fruits, autre facteur de ressources, rapporte webmanager. Les mêmes affirment qu’ils sont actuellement «contraints de détruire une partie de la production vu l’absence de perspectives en termes de transformation ou d’exportation du produit».

Signe de la motivation des professionnels, en 2016, a été créé un festival de la grenade à Testour. L’objectif étant, selon ses responsables, de promouvoir le produit phare de la région.  

Il faut savoir que la Tunisie compte environ 20 variétés de grenades (sur plus de 1100 espèces dans le monde).

Aux dires des spécialistes, ce fruit, venu de Perse et d’Asie occidentale, serait «l’un des plus anciens connus», récolté «depuis des millénaires autour du bassin méditerranéen». En Tunisie, sa culture remonterait au moins à l’époque phénicienne (à partir du XII-Xe siècle avant notre ère). Il serait ensuite arrivé en Europe via l’Espagne musulmane. «Symboliquement, (la grenade) fait référence à la fertilité par ses multiples grains», précise autretunisie. «On avance aussi qu’(elle) pourrait être le fruit défendu» de la Genèse, poursuit cette source. A la place de la pomme.

Par Laurent Ribadeau Dumas