Tunisie: René Trabelsi, un ministre juif pour la première fois depuis Bourguiba

René Trabelsi (à droite sur la photo) en 2010, lors de la visite de l'ancien grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche) dans la synagogue de la Ghriba, à Djerba. 
René Trabelsi (à droite sur la photo) en 2010, lors de la visite de l'ancien grand rabbin de France Gilles Bernheim (à gauche) dans la synagogue de la Ghriba, à Djerba.  © FETHI BELAID / AFP

Tunisie: René Trabelsi, un ministre juif pour la première fois depuis Bourguiba

Publié le 06/11/2018 à 11H00

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a annoncé le 5 novembre 2018 un remaniement attendu de longue date. Treize nouveaux ministres entrent au gouvernement. Les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l'Intérieur ou encore des Finances restent à leurs postes. Très symbolique, le Tourisme a été confié à un dirigeant de tour opérateur de confession juive, René Trabelsi.


«Youssef Chahed a adressé un message fort d’ouverture en nommant René Trabelsi, un Tunisien de confession juive, homme d’affaires et membre de la commission d’organisation du pèlerinage d’El Ghriba au ministère du Tourisme, en remplacement de Salma Elloumi Rekik, nommée directrice de cabinet au Palais de Carthage», note le Huffpostmahreb.

Pour Tunisie Tribune, «c’est une nomination courageuse puisque le nouveau ministre, qui est de nationalité tunisienne de père en fils sur plusieurs générations, est de confession juive, mais dont la tolérance n’est plus à démontrer».

L'information a été logiquement reprise en Israël. «C’est une news qui a fait la "Une" de la radio israélienne ce matin. Un juif nommé minsitre en Tunisie!», selon IsraelValley. «C’est ainsi que depuis le président Bourguiba, c’est la première fois que l’on va trouver un Tunisien de confession juive au gouvernement», précise Réalités. Il devient aussi le troisième ministre de confession juive depuis l’indépendance de la Tunisie.

«Albert Bessis, ancien bâtonnier, a compté parmi les ministres du cabinet de Tahar Ben Ammar en 1955. Il occupait le poste de ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. André Barrouch, également de confession juive, lui a succédé après la proclamation de la République en 1957», rappelle Webdo.


Outre son appartenance à la communauté juive tunisienne et son engagement pour la synagogue de la Ghriba à Djerba, René Trabelsi est un professionnel du tourisme. «Les charters sur Tabarka, c’est lui, les super mamies, c’est lui, le pèlerinage à la Ghriba, c’est aussi lui. On ne compte plus les opérations spéciales réalisées, les affrètements de 747 en super pointes, la maîtrise de la vente de voyages en ligne, les partenariats avec les grands noms du voyage en France, etc. Inutile de dire que l’hôtellerie et l’aérien, les deux poumons du tourisme tunisien, sont deux rayons que connaît René Trabelsi plutôt sur le bout des doigts. Dans les rangs de la profession, sa nomination est accueillie avec une certaine forme de soulagement», note Tunisie Tribune.

Autre nomination très symbolique, «l’ancien président de l’Ordre national des Avocat, et prix Nobel de la Paix en tant que membre du quartet national, Fadhel Mahfoudh récupère le ministère chargé des Droits de l’Homme et des relations avec la société civile en remplacement de Mehdi Ben Gharbia, qui avait démissionné en juillet dernier sans être remplacé», note le Huffpost.

Par Pierre Magnan